Publié le 02 Septembre 2011 par Anne-Laure PINEAU

Gentleman anglais vends sa femme au plus offrant

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« À vendre, cinq shillings, ma femme, Jane Hebbard. Elle est bien bâtie, ferme sur ses pattes, une vraie poutre maîtresse. Elle sème et elle récolte, elle laboure et mène ses hommes, et elle tiendrait tête à n’importe quel gaillard qui tient les rênes serrées, parce qu’elle est butée comme un âne et que c’est une sacrée forte tête ; mais bien menée, elle serait douce comme un agneau. Il lui arrive de commettre des faux pas. Son mari s’en sépare parce qu’elle est trop pour lui.
N. B. Tous ses vêtements seront donnés avec elle. »

Leeds Mercury, gazette régionale, 7 juin 1879.

Ceci n’est ni une blague, ni de la politique-fiction. Du XVIIe à l’aube du grand XXe siècle, un homme pouvait vendre son épouse au plus offrant sur les nobles terres anglaises. Et oui, à l’époque où les récits de Jane Austen faisaient rêver les jeunes filles à d’impossibles mariages d’amour, les épouses n’avaient pas le droit à disposer d’elles-mêmes, et leurs rêves de papier restaient de jolies historiettes. Alors, quand elles se trouvaient engoncées dans leur mariage comme dans un mauvais corset, nulle échappatoire : pas de droit au divorce pour la grande majorité des gens. Sauf, peut-être, en empruntant la petite porte, celle de la place du marché. Vendre sa femme, la mener au licol, parmi veaux, vaches et cochons : coutume moyenâgeuse, direz-vous, mais paradoxalement, dans le milieu populaire, c’était aussi une machine à suffragettes. Un petit coup d’oeil ?

 

 

... la suite dans Causette #16 ...

Publié le 02 Septembre 2011
Auteur : Anne-Laure PINEAU | Photo : Gravure coloriée à la main dans « Popular Passtimes », Londres , 1816. © Heritage Images / Leemage
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