Société Publié le 24 Mars 2020 par CARINE ROY

Mignonnes : mini-Kardashian sur grand écran

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Prix de la meilleure réalisation au Festival du film de Sundance, mention spéciale du jury à la Berlinale, Mignonnes, le premier long-métrage de Maïmouna Doucouré, réalisatrice déjà multiprimée avec son court-métrage Maman(s), sortira sur les écrans le 3 juin. Son sujet ? L’hypersexualisation des petites filles. Causette vous raconte les coulisses du tournage que nous avons suivi pendant plus d’un an.

Mars 2018, les auditions

Maïmouna a accouché il y a troissemaines et la voilà déjà sur le pont !Aujourd’hui, elle auditionne troisjeunes filles sélectionnées par Tania, sa directrice de casting. Entre les repérages dans les centres de danse, les castings sauvages à la sortie des écoles et les petites annonces sur les réseaux sociaux, Tania et son équipe ont fait passer plus de sept cents auditions à des jeunes filles âgées de 10 à 13 ans. Entre deux impros, Maïmouna donnele sein. « Je cherche cinq jeunes filles. Le personnage principal, c’est Amy, ellea 11 ans, elle est d’origine sénégalaise. Elle vit un bouleversement familial, car, hors champ, on apprend que son père a épousé une seconde femme au Sénégal et que sa mère le vit très mal. C’est un clin d’œil à mon court-métrage Maman(s),qui traitait déjà de ce thème et qui est en partie autobiographique, car j’ai grandi dans une famille polygame. Pour échapper à cette réalité, Amy va chercher à exister à travers un groupe de jeunes filles, Les Mignonnes, qui sont des danseuses hyper sexualisées et fans de twerk. »

Parmi les jeunes filles auditionnées ce jour-là, il y a Ilanah, petite blonde de 12 ans. Guidée avec bienveillance par Maïmouna, elle va devoir jouer plusieurs situations : se mettre en colère parce qu’on l’accuse d’avoir volé de l’argent, être triste, car ses parents ne s’occupent pas d’elle, improviser une chorégraphie de hip-hop et de modern jazz. Le tout devant une petite caméra. Maïmouna et Tania semblent convaincues... Ilanah sera finalement choisie pour incarner Jessica, l’une des filles de la bande. Maïmouna les informe, avec pudeur et franchise, du sujet un peu délicat qu’elle va traiter : l’hypersexualisation des jeunes filles. C’est lors d’une fête de quartier, dans le XIXe arrondissement de Paris, que Maïmouna Doucouré a trouvé l’inspiration : « J’ai été fascinée et à la fois un peu choquée par un groupe de jeunes filles de 10 ans qui dansaient sur scène de manière très lascive pour leur âge. Elles étaient très aguicheuses sans en être vraiment conscientes, elles dansaient ainsi par simple mimétisme, je pense. Cela m’a donné envie d’en faire un film », se souvient-elle. Et puis les préados sont peu représenté·es au cinéma.


La suite dans Causette #110...

Publié le 24 Mars 2020
Auteur : CARINE ROY | Photo : BIEN OU BIEN PRODUCTIONS X2
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