Eclairage public Publié le 23 Mars 2020 par AURÉLIA BLANC, ANNA CUXAC et ALIZÉE VINCENT

Quels bénéfices peut-on tirer de cette expérience de confinement ?

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Ça va être long ! Seul·e, à deux ou en famille, la période à vivre sous cloche, en attendant que notre discipline collective vienne à bout du coronavirus, prend des allures de défi personnel. Inquiétude pour les proches, frustrations du corps immobile, quotidien rythmé par les annonces gouvernementales, télétravail ou chô- mage sont au programme. La possibilité de nouvelles solidarités aussi, comme nous l’ont montré les Italiens à leurs balcons. Et si l’inédit de ce temps suspendu était l’occasion de puiser dans nos ressources intérieures pour trouver de la joie dans l’ennui et l’introspection ?

Catherine Belzung

Docteure en neurosciences, directrice du Laboratoire de psychobiologie des émotions de l’université de Tours

Tout dépend de la manière dont nous vivons cette période et notamment le sentiment d’ennui qui l’accompagne. D’après un article du journal scientifique Cortex, nous avons trois types de réponses face à l’ennui : la nourriture malsaine, le shopping ou le fait d’écouter de la musique. Si l’on accepte de traverser l’ennui sans mettre en œuvre des comportements de remplissage – comme les deux premiers –, il reste la créativité. Le confinement peut donc être une chance de se laisser renouer avec l’art. Cela me rappelle l’histoire d’une amie. Sa fille de 8 ans se plaignait de s’ennuyer. Mon amie ne lui a rien proposé pour l’occuper. Et c’est là que son enfant a fabriqué une maison de poupée avec les babioles trouvées dans la maison. Il en va ainsi pour chacun d’entre nous. Il faut aussi savoir que l’ennui agit sur une zone du cerveau qui s’appelle l’insula. Or la méditation de pleine conscience augmente son volume, ce qui réduit le sentiment désagréable d’ennui. S’y entraîner peut nous soulager et nous ouvrir de nouvelles portes.

 

 

Antonia Csillik

Psychologue clinicienne, maître de conférences à l’université Paris-Nanterre

Cette situation est génératrice de stress et d’incertitude, mais nous pouvons la réévaluer positivement, en mobilisant des ressources psychologiques protectrices comme la gratitude, l’optimisme ou la bienveillance envers soi-même. Ces ressources ont pour rôle principal de protéger notre bien-être, notamment contre le stress. Potentiellement, nous les avons tous en nous. Certaines personnes les mobilisent naturellement, mais pour d’autres, c’est un exercice à mettre en place. C’est pour ça qu’il est important de faire les bons choix, par exemple en regardant les informations à une heure fixe et non en boucle, en s’entourant de choses et de personnes positives. De même qu’il est important de prendre soin de soi, de faire de l’activité physique, de mettre en place des routines positives... Une stratégie très efficace, c’est le journal des trois choses positives : chaque soir, on note trois choses positives qui nous sont arrivées et les raisons pour lesquelles elles sont arrivées. Cela nous permet de réfléchir à nos ressources, de valoriser chaque jour et nous aide à sortir de la monotonie. 

 

La suite dans Causette #110...

Publié le 23 Mars 2020
Auteur : AURÉLIA BLANC, ANNA CUXAC et ALIZÉE VINCENT | Photo : CAPTURE ÉCRAN EMERGENCES.ORG – DR
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