Culture Publié le 10 Juillet 2011 par Liliane ROUDIERE, Johanna LUYSSEN

Cavanna Un géant au cœur tendre

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À l’occasion de la sortie de son dernier livre, nous avons rencontré François Cavanna. Il nous a donné rendez-vous chez lui, rue des Trois-Portes, à Paris, là où sa carrière de journaliste a commencé. Il nous attendait… en écrivant. Accueillant, quelques jolies cerises noires en guise de bienvenue. Durant quelques heures, nous avons partagé avec lui plus de 80 ans de souvenirs.

Et pas des moindres.

 

 

Y’a rien à faire. Chaque fois que je lis Cavanna, je mouille les derniers grands mouchoirs à carreaux que j’ai conservés au cas où. J’ai utilisé le verbe mouiller ? Je le maintiens. Cavanna m’a toujours émue de haut en bas. Et c’est toujours vrai avec son dernier livre Lune de miel. Titre qui n’évoque pas ici, hélas, un voyage en amoureux, mais « une période pendant laquelle les symptômes de la maladie de Parkinson s’atténuent au point de laisser croire à une guérison, avant de reprendre avec une implacable violence »1. Cette « salope », comme il la nomme, s’est emparée de lui il y a quatre ans, et lui a lentement, insidieusement, grignoté la main droite, celle avec laquelle il écrit, au feutre noir. Ni ordi ni machine à écrire. Juste sa belle écriture penchée d’écolier de la communale, qui se ratatine. C’est pendant une de ces trêves qu’il s’est jeté dans un nouveau récit autobiographique. Une sorte de bilan ? Il secoue sa crinière blanche et plante ses yeux turquoise dans les nôtres : « Pas du tout ! Pas besoin de faire des bilans, ça ne sert à rien. La vie te chasse comme elle veut, à grands coups de pieds dans le cul ! C’est comme un jeu de l’oie, tu es là et le tour d’après tu recules de trois cases. J’ai écrit ce livre car j’aime raconter des histoires. C’est tout. » Cavanna, 88 ans, a gardé toute sa verve.

 

 

Publié le 10 Juillet 2011
Auteur : Liliane ROUDIERE, Johanna LUYSSEN | Photo : Christophe MEIREIS
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