La cabine d'effeuillage Publié le 10 Juillet 2011 par Liliane ROUDIERE

Albin de la Simone Dandy pop intimiste et solaire

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Musicien, arrangeur, réalisateur, il a travaillé pour Souchon, M, Mathieu Boogaerts, Arthur H, Raphaël, Salif Keita, Vanessa Paradis… En parallèle, il poursuit une carrière d’auteur-compositeur-interprète. Il enrichit la chanson française d’un trésor qui, jusqu’ici, lui faisait défaut. Sa place est unique.

 

 

ADLS, les initiales à retenir d’un chanteur qui vous emmènera aussi loin, en plus beau et plus vite que n’importe quel moteur de recherche. Albin est un chercheur solaire, une sorte de scientifique de l’introspection en quête de lui-même et de l’époque dans laquelle il vit.

 

La restitution littéraire qu’il en fait est loin de la dernière vague de la chanson française, Bénabar, ou autre Renan Luce, vague devenue trop haute, retombée d’elle-même. Ou elle s’est déplacée. « On est passé à la folk chantée en anglais par des gens en robe ou en futal slim avec des ukulélés et un accent américain que les étrangers nous envient ! » se marre-t-il.

 

« À partir de trois vers, c’est toute une vie qui se déroule »

 

Albin appartient à une tendance plus minérale, pourrait-on dire. Comme le sont des artistes tels que Dominique A, Mathieu Boogaerts, JP Nataf ou Bertrand Belin. Des mecs qui réinventent la charrue à l’heure du virtuel en traçant leur sillon plus lentement, mais plus sûrement. Des artisans amoureux de leur ouvrage et peu obsédés à devenir des stars. Les chansons d’Albin portées par sa douce voix fêlée, se fredonnent immédiatement, légèrement, mais attention, ses ritournelles sont piégées et à la dixième écoute, il arrive que l’on ait encore une perle, une émotion planquée qui explose à l’oreille. « J’ai toujours dans la tête cet extrait des Vieux Amants de Brel : “Et chaque meuble se souvient/Dans cette chambre sans berceau/Des éclats des vieilles tempêtes.” À partir de ces trois vers, c’est toute une vie qui se déroule. Voilà, c’est ce que je me dois de réussir. Par exemple, quand j’écris “J’ai pesé dix kilos/

 

Au moins deux de vélo”1, ça paraît simple, et pourtant je peux mettre des mois à fignoler ce genre de phrases. Chacun est plus ou moins tendu avec les mots, moi je me prends vachement la tête. La concision peut te faire décoller. Je veux faire sens, mais pas faire ampoulé, dire des choses, mais je n’ai pas de place. C’est une équation subtile à résoudre. Des sortes de haïkus, mais un peu plus longs quand même ! »

 

 

 

...la suite dans Causette #15...

Publié le 10 Juillet 2011
Auteur : Liliane ROUDIERE | Photo : Christophe MEIREIS
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