Ceci est mon corps Publié le 22 Août 2019 par MARIANNE RIGAUX

Herpès, éruption silencieuse

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En France, le virus de l’herpès concerne deux personnes sur trois. Incurable, stigmatisant, tu, car honteux, il fait l’objet de nombreuses recherches pour trouver un vaccin. Sans succès pour l’instant.

« Je ne te fais pas la bise, j’ai une poussée d’herpès. » À chacun·e de ses collègues qui entre, Célia répète ses excuses. Une à deux fois par an, elle subit une poussée et doit prendre le maximum de précautions pour ne pas contaminer son entourage.

« Je n’embrasse pas mon compagnon, je n’utilise pas la serviette ou le verre d’un·e autre, je n’approche pas les bébés. » 

Elle-même a attrapé le virus par sa mère. Depuis ses 15 ans, elle y a droit à chaque période de fatigue, stress ou règles. À 38 ans, elle a tout essayé pour endiguer son herpès : « Avec l’huile essentielle de ravintsara, j’ai cru que je tenais le remède miracle. Ça a marché un temps... Mais, c’est un virus malin, l’herpès, il s’adapte aux traitements. » Tellement malin qu’il n’existe pas, à ce jour, de traitement capable d’éradiquer le virus. « Nous avons seulement des médicaments antiviraux qui permettent de réduire l’intensité du virus et de diminuer la fréquence des crises », explique Élisabeth Rofé-Sotto, médecin généraliste à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Celles et ceux qui sont infecté·es l’auront à vie : le virus se loge dans les ganglions nerveux et ressort à la moindre occasion. « Il vit avec la personne, il sera toujours là pour transcrire à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur », ajoute la médecin.

 

D’après une étude de 2002, 67 % des Français sont porteurs du virus de l’herpès labial (herpès 1, ou HSV1) et 17,2 % de l’herpès génital (herpès 2, ou HSV2). Parmi eux, un tiers de la population adulte présente des symptômes, les autres étant porteurs sains.

Seule solution pour éviter la propagation : se protéger. Pendant les rapports dans le cas du HSV2 et de tout contact labial pour le HSV1. « On pourrait prescrire plus souvent la détection de l’herpès dans les recherches de MST. Mais nous n’avons pas de directive pour le faire systématiquement », déplore Élisabeth Rofé-Sotto. Mais alors, pourquoi si peu d’intérêt pour tenter d’éradiquer ce virus qui touche un si grand nombre de personnes ?

 

La suite dans Causette #103...

Publié le 22 Août 2019
Auteur : MARIANNE RIGAUX | Photo : MARIE BOISEAU pour Causette
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