Publié le 02 Mai 2011 par Élodie FONT

Lesbiennes et gynécos je te comprends… moi non plus

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Méconnaissance de l’homosexualité, tabous, minimisation des risques d’infection : les gynécologues ont du mal à considérer les lesbiennes comme des patientes « normales ». Comment est-ce encore possible en 2011, nom d’un frottis ?!

 

 

Vous prenez la pilule ? Non ? Vous utilisez d’autres moyens de contraception ? Non plus ? » Un peu gênée, Jeanne-Marie regarde à droite, à gauche. À 26 ans, c’est son premier rendez-vous après quatre ou cinq ans d’abstinence gynécologique. « Et vous avez des rapports sexuels ? – Oui. » Silence embarrassé dans le cabinet. Les yeux du gynéco trahissent son inquiétude. Non, mais sur quelle planète elle vit celle-là ? Les campagnes contre le sida, les précautions pour éviter une grossesse malvenue, ça ne lui parle pas ? « Je préfère les filles, en fait. » Ah ! « Dans la quasi-totalité des cas, ça ne vient même pas à l’esprit des gynécos que leur patiente puisse être homo », témoigne Alice, la quarantaine et « lesbienne depuis exactement seize ans. » Adieu, donc, les questions sur les pratiques sexuelles, oubliées les interrogations sur le nombre de partenaires et sur les papillonages de leurs patientes entre vagin et pénis, enterrés les conseils adéquats.

 

Gynécologue à Tours, Élizabeth Paganelli confirme : « La vie sexuelle de mes patientes ne me regarde pas ! C’est très agressif de demander à une femme si elle est homo ou non. De quel droit serais-je intrusive ? » Le droit de mieux les conseiller ? « Pour moi, il n’y a pas de différence, j’examine de la même manière toutes mes patientes. » Même esprit chez un autre gynéco, Abdol-Reza Majidi, qui officie à Reims : « Qu’elles soient homos ou hétéros, notre métier reste le même. Pourquoi leur demander de raconter leur vie ? » Silence. « Et puis je n’ai jamais eu à suivre une femme homosexuelle. » En tout cas aucune qui, à l’inverse de

 

Jeanne-Marie et Alice, accepte de « briser le suspense assez rapidement ». Nombreuses sont les lesbiennes qui préfèrent taire leurs préférences sexuelles face à leur gynéco. Par pudeur, par défi, par habitude ou par peur d’éventuelles réactions négatives.

 

 

... la suite dans Causette #14...

Publié le 02 Mai 2011
Auteur : Élodie FONT | Photo : Julie CERISE pour Causette
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