Publié le 02 Mai 2011 par Édith BESSON et Marine CHANEL

J'habite chez une mémé ! Viens chez moi

blog post image

« Personne âgée échange chambre contre présence à domicile. » La formule des étudiants hébergés gratuitement chez des aînés en contrepartie d’un peu de compagnie, déboule sur le devant de la scène avec le « grand débat national sur la dépendance », initié par Nicolas Sarkozy. Mais la solidarité entre jeunes précaires et anciens esseulés est-elle vraiment une solution gagnant-gagnant, comme nous le rabâchent les prescripteurs de bons sentiments ? Pour le savoir , Causette est allée prendre une tisane avec ces colocs atypiques dans la région lyonnaise. Sans oublier de jeter un œil sous les jupons de mémé, pour voir aussi ce que cache la cohabitation intergénérationnelle : une bonne planque pour l’État-social.

 

 

« On s’entend à 1 000 %. Normal, on a le même signe du zodiaque : Scorpion tous les deux, le signe de la passion… » Voilà deux mois que Denise, veuve de 82 ans, partage sa maison avec Idir, étudiant kabyle de 25 ans. Jusqu’ici, le jeune ménage file l’amour parfait : « Sa gaieté me redonne du courage. Il est comme mon petit-fils. » Avec ses deux cannes, Denise peine à se déplacer. Elle envoie Idir chercher des nougats pour les invités et confie : « Parfois, il me chante des chansons : “Quand je vois tes yeux, je suis amoureux…” »

 

Quand j’entends ta voix, je suis fou de « toit » : le contrat qui lie Denise et Idir a été noué par le PariSolidaire Lyon, association locale en charge de trouver des « binômes » sur le modèle « logement contre présence ». En France, environ 2 500 retraités auraient ainsi trouvé chaussons à leurs pieds, selon les associations. « Les étudiants sont logés gratuitement, mais ils ont l’obligation d’être présents tous les soirs et au moins un week-end sur deux », explique Corinne Belot, présidente du PariSolidaire Lyon. Sans oublier quelques services au quotidien, selon les besoins.

 

Le concept aurait germé en Espagne, au début des années 2000, afin de répondre à la pénurie de logements pour les jeunes qui sont confrontés à un habitat souvent inabordable ou insalubre. Puis, l’idée aurait été importée dans l’Hexagone, en 2003, à la suite de la canicule : le pays découvrait alors avec effroi ses hordes d’anciens abandonnés. Ajoutez à cela la crise du logement étudiant, et la cohabitation intergénérationnelle n’avait plus qu’à poser ses valises dans le grand espace vide laissé entre les Crous1 et le très coûteux parc d’habitations privées.

 

 

 

... la suite dans Causette #14 ...

Publié le 02 Mai 2011
Auteur : Édith BESSON et Marine CHANEL | Photo : Bruno AMSELLEM / SIGNATURES pour Causette
3594 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette