Coup de gueule Publié le 02 Mai 2011 par Bérangère PORTALIER

Au bonheur des hommes

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C’est fou comme les hommes deviennent poètes quand on leur parle de prostitution. Depuis que Roselyne Bachelot s’est dite favorable à la pénalisation des clients de prostituées, nos chroniqueurs nationaux ont une envie irrépressible de semer au vent leurs références culturelles pour expliquer que la prostitution, non seulement c’est cool, mais c’est carrément romantique !

 

Zemmour convoque Flaubert « qui allait jusqu’au Caire pour ­découvrir les prostituées égyptiennes », et Stendhal « qui conseillait d’aller voir “une fille de rien” avant d’aller rendre visite à la femme a­imée », ce qui est déjà d’un joli cynisme.

 

Mais, pour une fois, on a trouvé pire ! Philippe Caubère qui, dans le Libé du 14 avril, nous balance Les Enfants du paradis à la figure, ce film qui « raconte une histoire d’amour, la plus belle, la plus ancienne, éternelle, entre un acteur et une putain ». C’est beau, ça me donnerait presque envie de tenter une reconversion !

 

C’est bien connu, les filles de joie sont de ­généreuses matrones qui ont choisi leur métier parce qu’elles aiment ça, elles qui savent si bien panser les plaies des hommes. Du côté des hommes, reprenons les arguments de Caubère : la prostitution permet des rapports bien plus sains que ceux du mariage, puisque « le ou la prostitué(e) ne fait que dévoiler et assumer le rapport d’argent et de commerce tapi sous n’importe quel rapport amoureux ou sexuel » et puis… ben… il aime bien quoi : « Ce que je trouve avec une prostituée est une chose unique, que je ne trouverais jamais avec aucune autre personne, dans aucune relation dite “normale”. »

 

 

... la suite dans Causette #14 ...

Publié le 02 Mai 2011
Auteur : Bérangère PORTALIER | Photo : Catherine BEAUNEZ
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