Les choses de la vie Publié le 28 Mars 2019 par CATHY YERLE

''Mammo mia''

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En avril, ne te découvre pas d’un fil. Et pourtant, je suis là, nue comme un ver, jambes écartées, les pieds dans les étriers et les seins à l’air, face à ma gynécologue qui me pénètre avec son affreux spéculum tout en me demandant gentiment si ce n’est pas trop froid.

Je supporte, courageuse, l’épreuve du frottis qui farfouille mes entrailles et celle de la main gantée qui palpe mes ovaires. Puis je commence à me détendre sous les dix doigts experts qui me malaxent les deux seins, quand je la vois. La grimace. Fugace. « Vous avez senti quelque chose ? » J’ose demander d’une voix incertaine. Et au lieu de répondre comme ça me ferait tellement plaisir « Poisson d’avril ! » en me tapant sur la cuisse, elle fait la moue, tergiverse : « Je ne suis pas certaine. Je ne trouve plus. Sûrement rien du tout... » Moi, je la sens bien l’odeur âcre qui monte de mes aisselles. La trouille. Je descends de la chaise électrique, les jambes en coton, je parle de tout, de rien, je nous étourdis de banalités le temps de l’ordonnance, de la carte Vitale, du chèque, mais la traîtresse revient à l’attaque : « Je sais qu’on a fait une mammographie l’an dernier, mais ce serait bien d’y retourner. Pour vérifier... » En sortant, je prends le premier rendez-vous disponible pour aller passer mes seins au détecteur de boulettes. Dans trois jours. D’enfer. Et aussi trois très longues nuits où je me fais mon festival du cinéma.

 

... La suite dans Causette #98.

Publié le 28 Mars 2019
Auteur : CATHY YERLE | Photo : © MYCOZE
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