Reportages Publié le 28 Mars 2019 par REDHA MENASSEL

''À quoi rêvent les Algériennes ?''

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Depuis deux mois, des centaines de milliers d’Algérien·nes sont sorti·es manifester dans les rues pour dire non à un cinquième mandat du président Bouteflika, 82 ans, fortement diminué depuis un accident vasculaire cérébral survenu en 2013. Et ils ont fait reculer le régime. Le 26 mars, le chef d’État major de l’armée a demandé que le président Bouteflika soit déclaré inapte. Ce mouvement populaire (qu’on appelle ici « Hirak ») n’a cessé de prendre de l’ampleur. Et les Algériennes sont en première ligne de ce combat pour une Algérie moderne et démocratique. Elles marchent dans la rue aux côtés des hommes en réalisant déjà un exploit de taille : la réappropriation de l’espace public. Nous sommes allés à la rencontre de cinq féministes algériennes pour comprendre leurs révoltes, leurs rêves et leurs aspirations !

Milord Barzotti 2ans

Milord Barzotti (c’est son pseudo) est une légende dans les milieux féministes algériens. Personne ne sait qui se cache vraiment derrière les posts assassins de ce caméléon du numérique qui accumule les comptes Facebook, trolle les pages islamistes et multiplie les projets visant à « émanciper les femmes algériennes ». « J’ai grandi dans une famille nombreuse de classe moyenne, très conservatrice comme la plupart des familles algériennes. Chaque vendredi, mes sœurs et moi devions rapporter de grosses quantités d’eau du puits voisin et laver nos vêtements à la main, car nous n’avions pas les moyens d’avoir une machine à laver. Les garçons ne faisaient rien à part manger, ils étaient “hommes”, donc au-dessus de ces basses besognes. C’est cette éducation d’antan qui crée le machisme d’aujourd’hui. » Milord a étudié l’économie à l’université avant de poursuivre une brillante carrière dans le secteur privé. Son activité de militante lui vaut de nombreuses menaces de mort de la part d’islamistes sur les réseaux sociaux.

 

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Tinhinane Makaci 31 ans

Tinhinane Makaci est juriste de formation, journaliste de profession et militante politique par conviction. Elle est en outre présidente de l’association Tharwa N’fadhma N’soumeur, les héritières de Fatma N’soumer, figure emblématique de la lutte anticolonialiste en Algérie. Tinhinane nous parle de son combat de toujours, l’abrogation du Code de la famille.  

 

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Kahina Hadjara 36 ans

Kahina Hadjara nous donne rendez-vous dans le quartier populaire de Belouizdad, à Alger, dans un vieux local qu’elle a « confisqué » pour y entreposer les dons qu’elle récolte à travers tout le pays pour les plus démunis. Cette chimiste de formation est aussi connue pour ses talents de slameuse. Elle n’hésite pas à utiliser la dardja, l’arabe populaire, pour dénoncer les injustices et mieux faire passer ses idées progressistes.

 

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Lydia Nait Bouzid 23 ans

Lydia est étudiante en langue française à l’université Alger 2 – Bouzaréah, l’un des hauts lieux de la contestation contre le cinquième mandat. Elle vit dans la ville nouvelle de Sidi Abdellah, dans la banlieue sud-ouest d’Alger.

 

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Publié le 28 Mars 2019
Auteur : REDHA MENASSEL | Photo : ROMAIN LAURENDEAU pour Causette
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