A l'aise thèse Publié le 27 Mars 2019 par SYLVIE FAGNART

''Foules sentimentales''

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Chaque mois, un chercheur, une chercheuse, nous raconte sa thèse sans jargonner. Mehdi Moussaïd 1 a soutenu la sienne, en 2010, sur l’étude expérimentale et la modélisation des déplacements collectifs de piétons. Aujoud’hui, il se consacre à la « fouloscopie », une discipline qui emprunte autant à la psychologie sociale qu’à la mécanique des fluides.

Causette : Quelle espèce mystérieuse étudiez-vous ?

Mehdi Moussaïd : J’ai commencé à étudier les foules dans un laboratoire d’éthologie 2, entouré de biologistes. Les autres se concentraient sur les animaux : les troupeaux de moutons, les bancs de poissons, les colonies de fourmis, moi sur les gens. Tous ces systèmes appartiennent finalement à la même grande famille, celle des systèmes complexes. Mes collègues partent en forêt pour observer des groupes de chimpanzés, moi, je vais en ville.

 

Causette :  À quoi s’apparente le plus un ensemble d’humains ?

M. M. : Tout dépend de la taille de l’ensemble. Si nous ne sommes que peu nombreux, nous allons seulement ressembler à nous-mêmes, de simples humains. Plus nombreux, on va s’apparenter à des groupes d’animaux sociaux. Quand on commence à devenir très très nombreux, on devient proche du gaz ou du tas de sable. Les individus vont perdre leur liberté de mouvement et de décision et vont suivre le flux, comme le fait un grain de sable quand une dune s’effondre. Et si on est encore plus nombreux, alors on devient un liquide. Il n’y a plus d’individus, plus de choix.

 

... La suite dans Causette #99.

Publié le 27 Mars 2019
Auteur : SYLVIE FAGNART | Photo : Illustration : GRÉGOIRE GICQUEL pour Causette
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