A l'aise thèse Publié le 05 Mars 2019 par propos recueillis par Héloïse Rambert

Les pauvres, cobayes idéaux des labos

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Jill Fisher, chercheuse en médecine sociale à l’université de Caroline du Nord, aux États-Unis, s’est immergée pendant trois ans dans le monde opaque et dérangeant des cobayes humains. Ces Américain·es qui testent, à haute dose, les médicaments avant qu’ils n’arrivent sur le marché.

Causette : Strictement encadrées en Europe, ces pratiques sont dérégulées aux États-Unis. Qui sont ces « loueurs de corps » et quelles sont leurs motivations ?

Jill Fisher : Pour l’étude, nous avons suivi avec mon équipe 180 volontaires américains, en bonne santé et de tout âge, à qui nous avons garanti un anonymat total. L’industrie pharmaceutique dépend d’individus comme eux pour tester les médicaments expérimentaux. La plupart d’entre eux étaient issus des minorités noires (40 % des participants) et hispaniques (21 %) du pays. La moitié des personnes que nous avons suivies n’avaient pas étudié au-delà du baccalauréat. Le point commun des volontaires est la précarité et leur unique motivation, l’argent. Les personnes qui s’engagent dans les essais cliniques n’ont pas de travail fixe et doivent trouver un moyen de « joindre les deux bouts ». Parmi elles, celles qui ont connu la détention sont surreprésentées : aux États-Unis, trouver un travail traditionnel après être passé par la prison relève du parcours du combattant. Mais dans les cliniques de tests de médicaments, elles ne sont pas discriminées.

... La suite dans Causette #98.

Publié le 05 Mars 2019
Auteur : propos recueillis par Héloïse Rambert | Photo : Grégoire Gicquel pour Causette
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