Politique Publié le 01 Mai 2011 par Julia PASCUAL

Puériculture ou élevage en batterie Petite enfance

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Entre le gel des subventions, l’accroissement des demandes et une politique de rentabilité, les crèches ne savent plus comment préserver le bien-être des enfants. Les nouvelles structures créées par le gouvernement jouent sur le quantitatif au détriment de la qualité. Parents, professionnels, collectivités locales tirent la sonnette d’alarme.

 

Lucas est constipé, Émilie a des selles liquides, Léo pleure… Il est 8 heures du matin quand le bal des tout-petits débute à la crèche lilloise Pétronille. « Vous lui avez donné du Doliprane ? » « Vous êtes sûrs que c’est les dents ? » « Il a dormi combien d’heures cette nuit ? » Les parents s’arrêtent prendre un café, le temps de donner quelques consignes à l’éducatrice de jeunes enfants qui va s’occuper de leur marmot. Le temps, aussi, que leur bout de chou comprenne qu’ils ne vont pas disparaître et que, oui, il peut aller jouer serein avec les voitures.

 

Discuter, rassurer… Le directeur de la crèche, Lionel Bayard, croit en la qualité de l’accueil qu’il propose. Il a plein de projets. Une promenade, la venue d’un musicien, la fête du quartier… Il n’est pas un « gardien de moutons ». Mais il craint de le devenir.

 

Depuis un an, les professionnels de la petite enfance ont commencé à hurler. L’an dernier, fait inédit, une cinquantaine d’associations de professionnels et de parents se sont réunies au sein du collectif « Pas de bébés à la consigne », pour dénoncer la politique du gouvernement. En mars, ils appelaient encore à la grève dans de nombreuses crèches.

 

Pour eux, il y a urgence. Il manque, en France, 500 000 places d’accueil en crèche, en halte-garderie, auprès d’assistantes maternelles… Il faut les créer, oui, mais pas à n’importe quel prix.

 

Or, « les autorités publiques ont une approche essentiellement quantitative », regrette Pierre Suesser, médecin de PMI (service de protection maternelle et infantile) et membre de « Pas de bébés à la consigne ». « Nous sommes inquiets face aux dangers encourus par les tout-petits, alerte la psychologue Dominique Ratia-Armengol, également membre de ‘‘Pas de bébés à la consigne’’. Ils risquent de ne pas bénéficier de modalités d’accueil qui prennent en compte leur fragilité et qui garantissent des conditions sécurisantes essentielles à leur bon développement. »

 

 

... la suite dans Causette #14...

Publié le 01 Mai 2011
Auteur : Julia PASCUAL | Photo : Michael ZUMSTEIN / Agence VU
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