Causette fête ses dix ans Publié le 13 Février 2019 par La rédaction

Dans le rétro : les Unes du magazine vues par la rédac 13/02/19

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10 piges ! Et pas moins de 97 couv'. Ce qui a fait connaître Causette, dès le départ, en mars 2009, ce sont ses couv. Drôles, décalées, grimaçantes. Finies les potiches ! Au premier plan des femmes de tous les âges, de tous les types. Et pas retouchées. A chaque couverture son histoire car côté coulisses, leur fabrication est toujours une aventure. A l'occasion de notre anniv', chaque membre de la rédaction a décidé de vous raconter l'envers du décor. Ou ses sentiments très intimes à l'égard d'une couv' particulière.

 

 

- CAUSETTE #1, MARS 2009,

PAR DR KPOTE

Cette photo de couverture, inspirée du fameux cliché de Gilles Caron montrant un Daniel Cohn-Bendit frondeur narguant un CRS devant la Sorbonne, incarne, et ce dès le premier numéro, tout l’esprit Causette. Si le célèbre rouquin révolutionnaire a refourgué ses pavés du Quartier latin sur le Bon Coin et retourné plusieurs fois sa veste révolutionnaire, j’espère bien que le mag « plus féminin du cerveau que du capiton » gardera, lui, toujours sa ligne éditoriale de départ, un féminisme déter et plein d’humour. Le torse nu, illustration parfaite des inégalités femmes-hommes, puisque vécu différemment par la société, suivant notre sexe d’assignation, demeure lorsqu’il est assumé par une femme, un acte de rébellion fort face au conservatisme qui reste vivace.

Les seins des Femen au balcon ont coupé la chique à Marine, ceux des Marianne de l’acte V des « gilets jaunes » ont résisté sur les Champs, celui de Valls strictement nourricier s’est fait clasher par celui de l’historienne Mathilde Larrère plus allégorique. Jamais les roberts à l’air n’ont autant illustré les envies de liberté et d’égalité des femmes. Le sein outragé, le sein palpé, le sein martyrisé et cyberharcelé, mais le sein libéré et révolté finira bien par briser ce putain de plafond de verre ! Et qu’importe, si la compagnie des mascus veille, toujours prêts à éjaculer du LBD pour mutiler nos droits, Causette vivra. Dr Kpote, chroniqueur

(Photo © Christophe Meireis, comédienne : Lénie Chérino)


 

- CAUSETTE #11, NOVEMBRE 2010,

PAR AURÉLIA BLANC 

Une femme âgée à la Une d’un magazine ? Je crois que je n’avais jamais vu ça. Pas même dans les Pleine Vie de ma grand-mère (oui, vous savez, ce magazine pour « seniors » dans lesquels les femmes ont l’air d’avoir éternellement 40 ans). Alors, quand j’ai vu cette dame qui avait vraiment l’air d’avoir son âge, avec des cheveux, des rides, comme dans la vraie vie… Waouh ! Ça m’a parlé tout de suite. Non seulement une septuagénaire faisait la Une d’un magazine féminin, non seulement elle se marrait, mais en plus, elle n’était pas là pour nous parler minceur ou crème antirides.

Alors j’ai feuilleté ce drôle de journal qui avait décidé d’en faire son icône du mois. J’y ai découvert des sujets plein d’humour, des sujets graves, étonnants, inspirants, questionnant… Un peu comme la vie, quoi. Ce jour-là, chez mon kiosquier, j’ai acheté Causette pour la première fois. Et je ne l’ai plus jamais lâché. Au point d’écrire dedans tous les mois maintenant. Aurélia Blanc, journaliste

(Photo © Christophe Meireis, comédienne : Lucienne Legrand)


 

- CAUSETTE #20, JANVIER 2012

PAR PASCALE CATALA

« Water Causette », la couv où j’ai fait pipi de rire dans ma culotte.  Ce mois-là, nous avions décidé, dans le dossier Corps & Âme, d’aller faire un tour aux chiottes et comme d’habitude sans tabou, parce que les toilettes en disent long sur nous : le temps qu’on y passe, comment on s’y occupe, chez soi et au bureau, comment on plie sa feuille de PQ, comment on gère le bruit et l’odeur… On y causait de l’importance du « caca boudin » sur la construction psychique des gosses, du quotidien du monsieur-pipi-en-chef d’une station essence d’autoroute qui nous apprenait que les aoûtiens étaient encore plus dégueulasses que les juillettistes… Bref, une petite sociologie des toilettes pertinente et forcément impertinente, titrée en couv : « WC : Causette touche le fond » ☺

Et pour cette couv, on a carrément recréé des toilettes dans la salle du fond de la rédaction, oui oui, je vous assure : montage de panneaux peints par une artiste, pose d’un lino, pose de la cuvette, des accessoires… Et puis on y a installé Carmen, la comédienne du mois, pour le shooting. Le scénario sur une expérience quasi universelle : une fille pète les plombs quand elle découvre, trop tard, qu’il n’y a plus de PQ !

Ce matin-là, fait rare, les bureaux étaient calmes. On approchait du bouclage, et je me dépêchais de corriger les papiers en pouvant, ô joie, me concentrer pendant que l’équipe couv s’affairait à côté. Pas pour longtemps ! Dès que la séance photo a démarré, le son est monté : Carmen, assise sur les chiottes, gueulait comme un veau en espagnol contre la personne qui n’avait pas changé le rouleau de PQ et les autres hurlaient de rire. Faut dire que Carmen est une comédienne incroyable, elle vivait à fond son rôle. Quel foin ! Ses hurlements résonnaient dans la cour ! Or, un shooting, c’est long, on multiplie les prises pour avoir un grand choix d’images. Au bout d’un moment, je n’en pouvais plus et j’ai crié, en espagnol : « Y en a encore pour long ? Parce que là, c’est plus possible de bosser !!! » et elle m’a répondu, toujours dans sa langue : « J’y peux rien, y a plus de papier ! » Alors, j’ai posé mon stylo et je suis allée pleurer de rire avec eux. Pascale Catala, première secrétaire de rédaction

(Photo © Christophe Meireis, comédienne Carmen Vadillo-Ruiz)


- CAUSETTE #31, JANVIER 2013

PAR LAURA LAFON

Cette réinterprétation de la scène du fantasme du père dans American Beauty fait partie des Unes cultes du magazine. Quand je la regarde, elle me ramène bien sûr à l’impression un peu glauque que m’avait laissée ce film de 1999, que j’ai dû voir vers 15-16 ans : un grand sentiment d’insécurité en observant ce daron qui fantasme sur la meilleure amie de sa fille, une ado mineure et probablement vierge. Je me disais : « Mon Dieu, est-ce que mon père fantasme lui aussi sur de très jeunes filles ? » Ou encore : « Est-ce que, quand je serai grande, mon mec sera forcément attiré par des filles plus jeunes ? »

Je ne travaillais pas à Causette quand cette couv a été réalisée, mais je trouve ça hyper intéressant de s’être réapproprié ce fantasme du mec qui se tape sa crise de la quarantaine. En contraste, Causette a choisi de représenter une femme, et non plus une fille à peine pubère et ultra mince. Elle a des formes qui ressemblent plus aux miennes, un peu de graisse aux bras, une taille non affinée, des rides d’expression sur son visage souriant. Elle n’est plus offerte au regard qui la fantasme, mais semble kiffer d’être dans ce lit de roses. Le sensuel n’est plus sexuel et soudain, elle n’est plus une menace pour moi. Je ne me dis pas : « Ah bah ! mon père va vouloir la sauter. » Et pourtant, elle est belle.

Tout ça me fait penser à cette phrase mythique de l’auteur John Berger : « Les hommes regardent et les femmes se regardent être regardées. » Aujourd’hui, les artistes questionnent de plus en plus l’omniprésence du male gaze (regard masculin) et introduisent le female gaze dans leurs représentations. Ça ne veut pas dire que tes œstrogènes font que tu vois le monde différemment, mais que ton expérience, ton vécu et ta construction de femme font que tu as un autre point de vue. D’ailleurs, le parcours de la comédienne qui pose va complètement dans ce sens : Romy-Alizée a commencé par être modèle pour des photographes masculins, souvent pour des nus. Par la suite, elle a accaparé l’objectif, l’a tourné sur elle-même et propose une vision de son corps, de sa sensualité et de sa sexualité libre du regard masculin et très féministe. Laura Lafon, rédactrice photo et photographe

(Photo © Christophe Meireis, comédienne : Romy-Alizée Pantelidis)


- CAUSETTE #43, MARS 2014

PAR CAMILLE BESSE

Cette couverture est un peu légendaire pour nous. Parue en mars 2014, c’est avec elle que Causette a commencé à faire parler d’elle jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir. La (super)classe ! En effet, l'enquête de Leila Minano et Julia Pascual sur les violences sexuelles commises au sein de l'armée française, fruit de plus de deux ans d'investigation, va ébranler le ministère de la Défense. Des femmes militaires témoignent d’agressions sexuelles commises par des pairs ou des supérieurs et de l’omerta qui règne au sein de la grande muette.

Suite aux révélations de Causette, Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, est contraint d’ouvrir une enquête interne et de créer une cellule d’écoute pour les victimes. Grand honneur pour moi, l'illustration de l'article m'avait été confiée. La couverture du magazine reprend même l'idée d'un de mes dessins : un treillis fait de mains superposées façon camouflage. La (mini)classe !

La comédienne qui fait la couv, vous la reconnaissez peut-être, c’est Sophie-Marie Larrouy, dite SML, qui anime aujourd’hui l’un des podcasts les plus écoutés de France : À bientôt de te revoir. Causette dénicheuse de talents ! Camille Besse, dessinatrice

(Photo © William Beaucardet, comédienne : Sophie-Marie Larrouy)


- CAUSETTE #52, JANVIER 2015

PAR ANNA CUXAC  

Cette Une, c’est à mon sens un parangon d’esthétisme à la Causette. Cette Vénus noire est certes resplendissante, mais surtout, elle est aussi « venue comme elle est » devant l’objectif de Manuel Braun : avec son corps normal, naturellement beau sans forcer et sans même qu’on lui gomme sur Photoshop le trou du piercing de son nombril – chez nous, on ne « Photoshope » jamais les corps. Dans le même ordre d’idée, Botticelli est ici revisité de la seule façon possible quand on s’attaque à un chef-d’œuvre : sans se prendre au sérieux. En témoignent les marques verticales des panneaux du fond faussement peint et surtout cette merveille de coquillage de bac à sable. C’est l’ironie joyeuse qui plaît à nos lectrices.

Cette fois, l’ironie joyeuse laissera place bien trop vite à l’ironie tout court : quelques jours après la parution, le 7 janvier au matin, alors qu’un représentant d’un institut de sondage nous présente une enquête en ligne sur notre lectorat, les téléphones sonnent et la nouvelle de l’attentat à Charlie Hebdo nous interrompt. Plusieurs d’entre nous sont particulièrement proches des personnes assassinées. En moins d’une semaine de 2015, la douce et naïve promesse d’une « année révélée » est pulvérisée. Aucun·e d’entre nous n’a consulté le rapport sur nos lectrices qu’on a fini par nous envoyer en format PDF quelque temps après. Anna Cuxac, journaliste

(Photo © Manuel Braun, comédienne : Axelle Delisle)

 


 

- CAUSETTE #67, MAI 2016

PAR ISABELLE MOTROT

Cette couverture était une prise de risque, comme Causette en a pris bien des fois. Pas pour la provoc, non, mais parce qu’on sait bien, dans la profession, qu’une couverture avec une photo de groupe est moins vendeuse. Alors pourquoi cette audace ? Parce que la cause nous semblait capitale. En effet, cette année-là, une polémique avait secoué les Oscars. Sur la liste des nommé·es, pour la deuxième année consécutive, aucun·e comédien·ne afro-américain·e. Mais chez nous alors ? Quelle était la situation des comédien·nes noir·es ? Pas terrible. Assez pathétique, même.

Alors en mai, au moment du Festival de Cannes, Causette a décidé de noircir un peu ces marches rouges… très blanches ! Karidja Touré, Firmine Richard, Yasmine Modestine, Aline Belibi, Annabelle Lengronne et Shirley Souagnon, entre autres, nous ont raconté comment, en tant qu’actrices, elles subissaient la double peine – femmes et Noires – qui les rend presque invisibles, ou cantonnées à des rôles stéréotypés.

Avec Willy-Le-Barge et Yassine Azzouz, elles ont posé fièrement sur notre raide carpette, installée le matin même, avec force double-face, dans l’accueillant Théâtre Saint-Georges. La séance de pose, dirigée par Manuel Braun, a été aussi excitante que compliquée. Difficile de mettre en scène huit personnes en même temps. Mais soyons honnêtes, c’était aussi huit personnes (et toute une équipe autour) très dissipées ! On avait clairement la sensation de réaliser une image inattendue et, mine de rien, de produire un choc visuel. On s’est quitté après quelques heures joyeuses et exaltantes, certain·es d’avoir une couv. qui allait dépoter. L’image était, en effet, très belle.

Deux ans plus tard, Aïssa Maïga (également interrogée dans notre dossier de l’époque) publiait un livre manifeste, Noire n’est pas mon métier, dénonçant les discriminations qui accablent toujours les femmes noires et métisses dans le milieu du cinéma et de la culture. Pour promouvoir ce livre essentiel, les seize actrices qui s’y confiaient ont monté ensemble les marches du Palais des festivals. Et là, on a vu notre couverture de Causette s’animer et secouer, en 3D, le petit monde trop clair du ciné. C’est une des Unes dont Causette reste fière. Isabelle Motrot, directrice de la rédaction 

(Photo © Manuel Braun, comédien·nes (de gauche à droite et de haut en bas) : Firmine Richard, Willy-Le-Barge, Yasmine Modestine, Annabelle Lengronne, Shirley Souagnon, Aline Belibi, Karidja Touré, et Yassine Azzouz)


 

- CAUSETTE #68, JUIN 2016

PAR MAGALI COROUGE

C’était ma deuxième couv chez Causette. À l’issue d’une réunion pour illustrer la Une sur notre dossier sur les insultes, ce qu’ils disent de celles et ceux qui les profèrent, nous sommes convenu·es de jouer sur le contraste entre un personnage de Marie-Antoinette, hyper guindé, et le geste libérateur qu’elle pourrait faire. La comédienne Magali Genoud a passé quatre heures devant l’objectif en prenant 36 000 poses pour voir ce qui rendrait au mieux notre intention. Le poids de sa perruque lui fichait un sacré mal au crâne !

Pour la petite histoire, c’est notre styliste, Virgile Venak, qui a eu la bonne idée d’ajouter du tulle dans le dos d’une robe de mariée un peu kitsch : ça et la perruque ont permis le rendu Ancien Régime. Paradoxalement, nous avions préparé une perruque blanche à la mode de la cour de Louis XVI, mais ça ne fonctionnait pas du tout. Virgile a donc dû monter, avec la coiffeuse-maquilleuse Alexandra Petry, une choucroute sur un postiche brun aux cheveux longs. Un sacré boulot, de deux heures !

Je fais passer les castings pour les couv. Mon job est de repérer la femme « la plus Causette ». C’est une bouille, un tempérament qui ressort de ses attitudes, une grande palette d’expressions. Nous ne cherchons pas un canon de beauté, mais bien la copine d’à côté. Et elle sera forcément jolie, puisque c’est notre copine. Nous cherchons ces talents parmi des comédiennes, pas des mannequins, qui ont généralement moins de choses à proposer en termes d’incarnation. Certaines sont très déçues de ne pas être choisies, mais qu’elles se rassurent, ça ne veut pas dire qu’elles ne le seront pas une prochaine fois ! Je mets de côté les dossiers de celles qui sont super pêchues, ou avec lesquelles on a bien rigolé. Magali Corouge, responsable photo

(Photo © William Beaucardet, comédienne : Magali Genoud)


 

- CAUSETTE #71 – OCTOBRE 2016

PAR SOPHIE JARREAU

En pleine campagne électorale, Causette s’est interrogée sur la différence entre droite et gauche. Et comme une question en amène toujours une autre, elle a poussé plus loin les investigations : à quel bord appartiennent les enfants, les chats, le père Noël, le joueur de djembé ? Et pour illustrer la couverture, quoi de plus évident qu’une enfant. Mais quel enfant ? Le choix s’est porté sur Eva, la fille d’une journaliste de la rédaction. La mise en scène représentait une mère (interprétée par une comédienne) qui faisait grise mine face à sa tête blonde sûre d’elle. Au moment du montage de la couverture, sur chaque image, Eva attirait l’œil. Et, au final, elle a tellement bien joué son rôle qu’elle a éclipsé la comédienne. Qui a évidemment été rémunérée pour le travail accompli, rassurez-vous ! N’est restée qu’Eva, et son sacré tempérament, regardant droit dans les yeux le photographe. Une véritable graine de star ! Sophie Jarreau, rédactrice en chef technique

(Photo © William Beaucardet, comédienne : Eva)


-HORS-SÉRIE #5, "VOYAGE EN CLITORIE",

PAR MICHAEL PRIGENT

On est à l’automne 2016, je viens d’arriver à la direction artistique du magazine et ma première couv est un sacré challenge : elle doit être à la hauteur d’un coup éditorial audacieux – cent pages consacrées uniquement au clitoris ! – sans que les kiosquiers aient envie de cacher ce hors-série sous d’autres magazines… ou que les lecteurs et lectrices rougissent en le feuilletant dans le métro ! Les Unes de Causette naissent de réflexions collectives : très vite, on s’accorde sur la métaphore d’une fleur, idéale pour sublimer notre sujet. Les découpages de papiers me semblent la solution la plus adaptée pour la réalisation. Quelques feuilles Canson achetées plus tard et me voilà, ciseau à la main, à assembler cette fleur. Une amie plasticienne m’aidera à peaufiner le bouton (de rose), touche cruciale à la compréhension. Je crois que cette couverture a plu. Tout le monde peut s’y retrouver, car il y a une double lecture, on peut y voir une simple fleur s’y on ne s’y attarde pas, et bien plus, si on prend le temps. Mais avec poésie. À Ménilmontant, en sortant du métro, il reste quelques affiches de l’époque sur un kiosque abandonné. Toujours pas vandalisé. Le clito a trouvé sa place en ville ! Michael Prigent, directeur artistique 

(Couverture : Michael Prigent ; paper artist : Nina Caniac ; calligraphies : Noémie Pottiez ; photo : Gézelin Grée)

Publié le 13 Février 2019
Auteur : La rédaction | Photo : illustration : Camille Besse
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