Education Publié le 05 Février 2019 par Sylvie Fagnart

Fake news : ça décode à plein tube

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« Fake news », c’est l’expression de la fin de notre décennie. Quand la désinformation atteint des niveaux industriels, l’éducation est souvent brandie en bouclier. Notre journaliste en « résidence » à Tremblay-en- France, en Seine-Saint-Denis, nous raconte les ateliers qu’elle anime dans les écoles, lycées et maisons de quartier pour parler de son métier, mais aussi des fausses infos et des réseaux sociaux. Morceaux choisis.

L’éducation aux médias et à l’information est pratiquée à l’école et ailleurs depuis plus de trente ans. Et bénéficie, depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, en 2015, d’un regain d’intérêt de la part des pouvoirs publics. Parmi les instruments promus, les « résidences de journalistes ». À la manière des artistes en résidence, un·e professionnel·le de l’information s’immerge dans un territoire et propose des ateliers et des débats aux citoyen·nes, en particulier aux plus jeunes, à l’école ou sur les temps extrascolaires. Depuis septembre 2018, la médiathèque Boris-Vian de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) m’accueille pour échanger sur mon métier et décoder l’information.

14 SEPTEMBRE - Classe de seconde, lycée Léonard-de-Vinci

« Aujourd’hui, c’était poisson à la cantine. » L’air bravache, Inès lance sa réponse à la question : « Quelle est la dernière info que vous avez entendue ? » Ses camarades avaient déjà proposé en rafale les inondations dans le Sud, le choléra en Algérie ou l’ouragan Maria. En parlant du menu du déjeuner, elle pense m’avoir tendu un piège et montrer à une journaliste qu’il n’y a pas que l’actualité dans la vie. Raté ! Sa provocation illustre à merveille la différence entre l’anecdote et l’information, factuelle, vérifiée et d’intérêt public. Parmi les infos brandies revient aussi l’insistante rumeur : l’éducation sexuelle serait désormais au programme de maternelle. Le débat s’engage. Plusieurs « preuves » crédibiliseraient l’info. Dont une vidéo partagée sur le compte Insta de Booba, l’extrait d’un reportage de l’émission Les Maternelles, où une institutrice définit « sperme » et « éjaculation ». L’occasion d’une première leçon de fact-checking (vérification des faits) : toujours vérifier la date d’une photo ou d’une vidéo. Celle mise en avant par le rappeur aux 3,6 millions de followers date de plusieurs saisons en arrière et évoque un atelier réservé aux… CM1. Hajer ferme le ban de la discussion. Elle a suivi l’affaire avec attention et démonte, le sourcil froncé sur ses grands yeux noirs, les arguments des propagateurs de l’intox. Comme ce document censé dévoiler le contenu de ces fameux cours, mais qui, en fait, provient de Suisse. Un « Décodeur » du Monde n’aurait pas fait plus clair.

... La suite dans Causette #97.

Publié le 05 Février 2019
Auteur : Sylvie Fagnart | Photo : Anne Pomel pour Causette
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