En couverture Publié le 31 Décembre 2018 par Propos recueillis par Virginie Roels

“ Les femmes sans abri se rendent invisibles pour échapper aux prédateurs ” Nadège Passereau

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En un an, la déléguée générale d’ADSF-Agir pour la santé des femmes a vu arriver deux fois plus de femmes sans abri à l’association. Elle nous livre un éclairage unique sur les différents engrenages qui les conduisent, puis les condamnent, à l’invisibilité.

CAUSETTE : Constatez-vous un nombre croissant de femmes sans abri ?

NADÈGE PASSEREAU : Oui, c’est un constat que l’on partage avec d’autres associations, même si l’on manque de chiffres. À l’échelle de notre association, chaque mois, de trente à quarante femmes se présentent à nous. Si l’année dernière on en avait accompagné 708, avant même fin décembre 2018, elles étaient déjà 1 200.

Quel est le point commun de ces femmes ?

N. P. : Les violences sexuelles et physiques, pour 75 % d’entre elles. Violences quand elles sont à la rue, violences aussi avant de l’être. Les femmes seules qui arrivent ici ont souvent subi un viol. Je repense à cette femme qui avait fui son pays après un mariage forcé et une excision tardive qui l’avait laissée pour morte. En arrivant en France, elle n’avait rien. Pendant trois mois, nous l’avons accompagnée dans ses démarches administratives, médicales. Nous nous sommes adaptés à son rythme, celui de pouvoir se lever, se relever. Elle n’était pas seule aux rendez-vous administratifs lors desquels il lui fallait raconter encore et encore son histoire, avec la peur au ventre qu’un mot de travers fasse tout capoter.

... La suite dans Causette #96.

Publié le 31 Décembre 2018
Auteur : Propos recueillis par Virginie Roels
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