Dr Kpote Publié le 05 Novembre 2018 par Dr Kpote

Sans patriarcat, tout va !

blog post image

Militant de la lutte contre le sida, le Dr Kpote intervient depuis une quinzaine d’années dans les lycées et centres d’apprentissage d’Île-de-France comme « animateur de prévention ». Il rencontre des dizaines de jeunes avec lesquels il échange sur la sexualité et les conduites addictives. Plongeon en adolescence sur les rivages de la puberté, en période de forte inondation hormonale…

Pour sortir de l’été en pente douce, je me suis dit que partager avec vous une chronique pleine de sève et de chaleur, ça mettrait un peu de baume au coeur sur la ligne soldée de nos congés payés. La rencontre date de juin dernier, dans un lycée des Hautsde- Seine où les secondes stockaient de la vitamine D, lézardant devant leur salle pendant que leurs aîné·es bachotaient. Après les avoir laissé·es tranquillement s’installer, j’ai évoqué le programme de l’animation qui débutait sur une réflexion autour des stéréotypes de genre et leur impact normatif sur nos constructions. L’intitulé un peu ronflant n’invitant pas aux ébats en chambre, le groupe, pas déstabilisé pour un rond, a choisi la question du sport, haut lieu de la segmentation avec ses compétitions très genrées. Comme la classe était plutôt sûre d’elle sur la question de la différence des capacités physiques entre hommes et femmes, résultat d’une génétique peu paritaire, j’ai conseillé aux élèves de visionner le film Battle of The Sexes, biopic sur la tenniswoman Billie Jean King défiée par Bobby Riggs, athlète bedonnant en fin de carrière voulant prouver au monde entier la supériorité physique des mâles, fingers in the nose and the chips. Plus prompt à monter au filet pour balancer des vannes sexistes qu’à enfiler les smashes gagnants, le fat va perdre son pari. Le film met en évidence cette immense bataille menée par les femmes sur et en dehors des terrains de sport pour être reconnues à leur juste valeur et mieux médiatisées. Une adolescente, adepte de boxe anglaise, a entériné la persistance du sexisme sportif, en expliquant que, dans son club, même les vestiaires puaient l’inégalité par la surface attribuée aux filles. « Ils nous ont filé un placard à balais pour nous changer parce que c’est au ménage qu’ils veulent nous renvoyer », a-t-elle acté ironiquement.

... La suite dans Causette #94.

Publié le 05 Novembre 2018
Auteur : Dr Kpote | Photo : © B. DEMENGE/HANS LUCAS
721 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette