La cabine d'effeuillage Publié le 05 Novembre 2018 par Aurélia Blanc

Matthieu Longatte, l'énervé du net

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Matthieu Longatte est en colère, et il le fait savoir. Impunité des élites, mensonges politiques, injustices criantes, culture de la peur et racisme rampant : voilà quatre ans que le créateur de Bonjour tristesse, sa chaîne YouTube aux 214 000 abonné·es, passe l’actualité au vitriol. Aujourd’hui, le comédien quitte son canapé et monte sur les planches pour un spectacle drôle, acerbe… et engagé, forcément.

Derrière sa gueule de jeune premier, on sent chez lui une forme d’intranquillité. D’ailleurs, Matthieu Longatte le dit lui-même : s’il parle aussi vite, c’est parce qu’il a « toujours peur » d’ennuyer ses interlocuteurs. La même raison, sans doute, qui le pousse à (faire) rire sans cesse le monde qui l’entoure. Pour briser la glace, le voilà donc taillant un costard aux agents de la ville de Paris qui verbalisent les automobilistes, qui, comme lui, ont réussi l’exploit de se garer aux abords de la place de la République. Un quartier où il a ses habitudes – et pas seulement parce qu’il prend régulièrement part aux manifs contre les violences policières, la loi travail ou pour les migrants, qui se tiennent ici. C’est là que se trouve Le République, le théâtre où Matthieu Longatte sera à l’affiche jusqu’en décembre avec État des gueux. Un premier spectacle solo où l’on retrouve son personnage de Bonjour tristesse. Face caméra, le jeune trentenaire y incarne un franchouillard remonté à bloc, qui dézingue avec acrimonie l’actualité et, plus encore, les politiciens qui nous prennent pour des cons. Une performance artistique qui n’est pas sans rappeler ces débats parfois houleux qui animent bon nombre de repas de famille, à commencer par les siens.

« Je viens d’une famille très politisée, où ça lit la presse, où ça discute à fond. Presque trop !, rigole-t-il. Mais ça m’a donné le goût du débat d’idées, de l’argumentation. Quand j’étais petit, à la fin du repas, les cousins montaient jouer à la Nintendo et, avant de les rejoindre, je restais à table avec les adultes. J’étais impatient du moment où je pourrais participer. » À l’âge où la plupart des enfants se passionnent pour les dessins animés, lui s’enthousiasme pour le duel Balladur-Chirac. Tout en rêvant de devenir une star du ballon rond – son autre passion. À 13 ans, alors qu’il joue au foot sur la plage, il est même repéré par un sélectionneur du PSG. Mais ses velléités de carrière sportive tournent court : passé le premier entraînement, on lui explique qu’il n’a pas le niveau pour intégrer l’équipe principale. « Ce jour-là, j’ai lu le soulagement sur le visage de ma mère. Je lui en ai voulu sur le coup, mais elle avait raison », confie-t-il, sans regret.

... La suite dans Causette #94.

Publié le 05 Novembre 2018
Auteur : Aurélia Blanc | Photo : Corentin Fohlen / Divergence pour Causette
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