Publié le 30 Mars 2011 par Rémi Carayol

Mayotte Le 101e département !

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Dans sa petite bicoque blanche coincée entre le cimetière de Mamoudzou, un imposant centre hospitalier et tout ce que le chef-lieu compte de bureaux administratifs, Zaïna Méresse peut savourer. Ce pour quoi elle lutte depuis cinq décennies, la départementalisation de son île, Mayotte, n'est plus un rêve fou comme aux débuts du combat. C'est une réalité : fin mars, lorsque les Mahorais auront élu leurs nouveaux conseillers généraux, cette île de 374 km2 que l'on traverse en une matinée de voiture, deviendra très officiellement le 101e département français, et le 5e d'outremer.

Certes, la mutation statutaire de Mayotte était prévue depuis deux ans – depuis que, le 29 mars 2009, les Mahorais ont voté en masse (à plus de 95 %) en faveur du département. Mais chez les anciennes « chatouilleuses » dont Zaïna est l’une des dernières figures, la vigilance est de mise. « Trop longtemps, on nous a menti, explique Zaïna. On a appris à se méfier ».

 

Mayotte, c’est l’histoire d’un combat qui semblait perdu d’avance. Soutenue à partir de 1958 par Georges Nahouda, un riche commerçant issu d’une famille créole comme on en trouve quelques-unes à Mayotte, la revendication départementaliste n’avait a priori aucune chance de l’emporter. À cette époque, l’archipel des Comores – quatre îles, Anjouan, la Grande Comore, Mohéli et donc Mayotte, situées entre le Mozambique et Madagascar et colonisées par la France au XIXe siècle – se dirigeait vers l’indépendance. Il n’était pas question, pour Paris, de « briser son unité », comme l’affirmera Valéry Giscard d’Estaing en 1973.

 

 

...la suite dans Causette #13...

Publié le 30 Mars 2011
Auteur : Rémi Carayol | Photo : Mélissa et Cyrille Montagnier (Concours de Couv' !)
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