Les copains d'abord Publié le 05 Novembre 2018 par propos recueillis par Hubert Artus

Luz et son bureau des légendes

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Cabu, Charb, Tignous, tous les « Charlie » sont encore là sous les traits de Luz. Dans Indélébiles, le dessinateur, rescapé du 7 janvier 2015, se souvient de ses vingt-trois années passées dans l’hebdo satirique (1992- 2015). Une série de moments choisis comme un hommage à cette belle aventure humaine, journalistique, humoristique et politique.

Il a passé des années à croquer l’actualité. C’était dans Charlie Hebdo. Et puis il y a eu la tuerie du 7 janvier 2015. Ce jour-là, il était arrivé en retard. Quelques mois après, il avait quitté la rédaction, désireux d’épouser une autre temporalité. Depuis, il dessine ses cauchemars, comme dans Catharsis (2015) ou dans ce nouveau livre, Indélébiles. Un album où, cette fois, ils côtoient aussi ses rêves, ses bons souvenirs et ses traumas. Charlie revit dans cet hommage aux morts et aux vivants. Son bureau des légendes à lui.

Désormais, Luz est placé sous haute protection policière. Il ne peut donc plus dire quoi que ce soit de son quotidien, de là où il vit ni de là où il sera demain : ce ne serait dès lors plus une info, mais un renseignement. Pourtant, en ce mois d’octobre 2018, Luz n’a plus les traits tirés et apparaît plus serein qu’on ne l’aurait imaginé. Ce trou noir du 7 janvier 2015, il n’en parlera pas autrement qu’en l’appelant « le 7 ». Aujourd’hui, Luz n’a pas perdu la capacité d’en rire. Plus jaune, mais aussi plus grand.

CAUSETTE : Ce livre est un grand hommage à Cabu, présent de bout en bout…

LUZ : Cabu, c’est une conscience graphique. Il n’est pas seulement celui qui m’a aidé, le premier à qui j’ai montré mes dessins, mais aussi celui vers qui je me tournais en cas de doute. En plus, il est incroyable à dessiner : d’habitude, je commence toujours par les yeux, puis le nez et le reste. Mais pour dessiner Cabu, je commence par les cheveux et après les lunettes, puis le nez. C’est le seul, et ça l’a toujours été. Cabu, à la différence de tas d’autres personnes que j’ai dessinées, c’est un personnage que j’aime. En vingt-trois ans de Charlie, j’ai dessiné beaucoup plus de cons que de gens chouettes. [Rires.] Au contraire, pour ce livre, j’ai vécu un an et demi avec eux, avec Charlie, avec des gens que j’aime. C’est un peu une « reconstitution de ligue dissoute ». [Rires.]

... La suite dans Causette #94 + planches exclusives de Indélébiles

Publié le 05 Novembre 2018
Auteur : propos recueillis par Hubert Artus | Photo : © J.-L. BERTINI - DR
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