La copine de Causette Publié le 28 Septembre 2018 par Kerenn Elkaïm

Agnès Naudin, capitaine biberon

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Enfant, elle se voyait profiler. À 34 ans, elle officie à la brigade de la protection de la famille. Son quotidien – les violences conjugales et, pire, sur mineur·es –, elle le raconte dans un livre qui vient de paraître. Alors, pour affronter ces drames avec le juste recul, elle nage, court et médite. Namasté, Agnès !

Sa chevelure lui vaut le surnom de Raiponce, l’héroïne de Disney aux longs cheveux dotés de pouvoirs magiques. Pourtant, son quotidien n’a rien d’un conte de fées. On retrouve Agnès Naudin près du commissariat de banlieue parisienne où elle officie. Ambiance pavillonnaire un peu désertique. Elle y est capitaine de police à la Brigade territoriale de la protection de la famille (BTPF) – anciennement brigade des mineurs –, surnommée « brigade biberon ». Un poste à responsabilité qui la confronte, chaque jour, « au pire ». Son quotidien est rythmé par les affaires « de viols et agressions sexuelles sur mineur·es et de violences conjugales et familiales ». De cette personnalité lumineuse émane un mélange de douceur, de dynamisme et de grande détermination. Ce tempérament comme sa vocation datent de son plus jeune âge. « J’ai songé à devenir flic ou profiler vers 10 ans. C’est probablement lié à mon goût pour les polars. » Et à l’envie d’aider les autres. En particulier les enfants.

Ado rebelle

Agnès grandit dans un foyer aimant, « mais autoritaire ». Éducation sévère. Elle est l’aînée d’un frère et d’une soeur, dont l’arrivée la perturbe. Sa mère infirmière lui transmet sa rigueur, sa ténacité et l’envie de se mettre au service des autres. Le père, directeur financier en entreprise, est du genre indéboulonnable : « Discret, à l’écoute et sur qui l’on peut toujours compter. »

Après une adolescence carabinée, torturée et réfractaire à l’autorité, Agnès décide de s’orienter vers des études de droit international. Son chemin semble tracé, mais voilà qu’elle loupe le concours d’avocat·e. Un échec sans doute lié à la rupture amoureuse qui lui tombe sur le museau à ce moment-là. Elle était alors fiancée à Guillaume, qu’elle fréquentait depuis des années. Qu’à cela ne tienne. Agnès prend ses cliques et ses claques et part travailler dans un cabinet à Rome (Italie). « La concurrence était trop rude pour moi, mais au moins, j’ai appris l’italien et passé la plus belle année de ma vie. Sortir de ma zone de confort a été fondateur. » De retour en France, elle ne se voit pas juriste en entreprise. Agnès décide de poursuivre ses études à l’Institut de criminologie à Paris et de compléter cette formation par une expérience concrète : assistante de justice au pôle terrorisme et bande organisée de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris. Cette expérience lui plonge le nez dans des dossiers toute la journée. Elle réalise qu’elle a envie de terrain.

... La suite dans Causette #93.

Publié le 28 Septembre 2018
Auteur : Kerenn Elkaïm
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