Politique Publié le 02 Juillet 2018 par Lou-Eve Popper

Label égalité : opération esbrouffe

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Depuis 2004, le label Égalité professionnelle récompense les entreprises et les structures publiques exemplaires. Le hic, c’est qu’à y regarder de plus près, ce label est surtout une belle étiquette qui, une fois décollée, ne fait plus du tout rêver.

Pour être dans le coup, les entreprises comme les administrations ont plus que jamais besoin d’afficher une conduite irréprochable en termes de respect de l’égalité femme-homme. Les plus ver- tueuses peuvent espérer décrocher le fameux sésame, le « label Égalité professionnelle » : « La marque d’organismes novateurs dans leur approche de l’égalité », précise-t-on sur le site du secrétariat d’État de Marlène Schiappa. Une fois obtenu, il permet de redorer son image à moindres frais. Ainsi, parmi la centaine de structures labellisées, nombreuses sont celles qui, comme la Banque populaire, Axa, le CSA ou encore la ville de Suresnes (Hauts-de-Seine), s’en vantent allègre- ment sur leur site Internet. Pour l’obtenir, les candidats passent par l’Association française de normalisation (Afnor), un organisme privé de certification qui délivre habituellement des normes réglementaires sur la qualité du management ou la sécurité au travail. L’Afnor examine les dossiers pour vérifier s’ils sont complets, puis réalise – depuis deux ans seulement – des audits de terrain auprès des salarié·es. Ce premier filtre passé, les dossiers arrivent au « Bureau » – composé d’un représentant de l’État, d’un représentant syndical et d’un représentant du patronat –, puis passent en commission nationale, qui regroupe quinze membres : cinq représentants de l’État, cinq représentants des organisations syndicales et cinq représentants des organisations patronales. Le vote en faveur de la labellisation se fait à la majorité, après audition des candidats. Au total, le processus dure en moyenne un an. Le label est valable quatre ans.

Vu comme ça, il semble difficile de croire que cette récompense soit attribuée à la légère. Et pourtant. « Ce label est une farce, assène, d’emblée, Clémence Helfter, qui siège à la commission d’attribution en tant que représentante CGT. Les critères ne sont vraiment pas suffisamment exigeants. »

... La suite dans Causette #91.

Publié le 02 Juillet 2018
Auteur : Lou-Eve Popper | Photo : © V. ARCHENO/MADAME BOVARY/ANATOME X 2
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