cinema Publié le 07 Mai 2018 par Ariane Allard

Cannes : une ouverture ''caliente'' 09/05/18

blog post image

D’une pierre deux coups : « Everybody Knows », de l’Iranien Asghar Farhadi, a ouvert non seulement le Festival de Cannes ce mardi 8 mai, mais également la compétition pour la Palme d’or. Ce thriller intense, à voir en salles dès le lendemain, était le client idéal pour cette première soirée de gala. On vous explique pourquoi…

Un réalisateur ami

Asghar Farhadi est l’un des hôtes privilégiés du Festival de Cannes, puisqu’il y est déjà venu deux fois en compétition et qu’il en est reparti, chaque fois, avec une récompense (Le Passé, en 2013, prix d’interprétation féminine pour Bérénice Bejo ; Le Client, en 2016, prix du scénario et prix d’interprétation masculine pour Shahab Hosseini). Une valeur sûre, donc, du cinéma d’auteur international. Du genre qui peut plaire à tout le monde. Aussi bien en France (succès critique et public pour son cinquième long-métrage, Une séparation, en 2011, avec 1 million de spectateurs) qu’aux États-Unis (il a reçu deux fois l’oscar du meilleur film en langue étrangère, pour Une séparation et pour Le Client). 

Un couple solaire

Huitième œuvre d’Asghar Farhadi, Everybody Knows se déroule dans la péninsule Ibérique et a été entièrement tourné en espagnol (titre original : Todos lo saben). Une excursion européenne pas tout à fait inédite pour le cinéaste oriental : Le Passé avait été réalisé en France. Reste que la balade, cette fois, est nettement plus caliente puisqu’elle réunit Penélope Cruz et Javier Bardem, partenaires intenses au cinéma comme dans la vie. En clair, ces deux stars méga sexy ont électrisé la première montée des marches. Un argument « paillettes-people » peut-être pas complètement étranger à cette programmation en pole position… Il n’est pas inutile de rappeler, cela étant, que Penélope comme Javier sont d’excellents acteurs (elle chez Pedro Almodovar et lui chez les frères Coen, notamment).

Un genre populaire

Troisième raison pour laquelle le choix de Everybody Knows en ouverture de Cannes était judicieux : ce film s’inscrit dans un registre à la fois exigeant et populaire, celui du thriller psychologique. Prisé par nombre de critiques (même ceux qui prétendent le contraire) comme par le grand public. En l’occurrence, Asghar Farhadi nous entraîne dans le sillage de Laura (Penélope Cruz), qui vit avec son mari et leurs enfants à Buenos Aires. On la découvre alors qu’elle revient dans son village natal, en Espagne, à l’occasion d’une fête de famille. Elle y retrouve son ancien petit ami, désormais marié et vigneron (Javier Bardem). On chante, on danse, on boit et l’on s’embrasse. Rien de grave, apparemment. Sauf qu’un événement violent va bouleverser, bientôt, le cours de leur existence et réveiller quelques fantômes et/ou secrets du passé…

Un film réussi

Bonne pioche : on retrouve dans Everybody Knows tout ce que l’on aime dans le cinéma de Farhadi. Des personnages simples, bons, honnêtes, plongés dans des situations complexes ; un récit qui nous tient en haleine du début à la fin ; plusieurs niveaux de lecture (intime et politique) ; et, enfin, une réalisation impressionnante de vivacité et de maîtrise. L’intelligence avec laquelle le cinéaste iranien s’est saisi de cette langue, de cette culture, de cette terre – en bref de cette humanité espagnole – est bluffante. On croit en ce pays, on croit en ces gens, on croit… décidément que le talent d’Asghar Farhadi est universel. C’est dire si Cannes 2018 a bien commencé. Olé !

Everybody Knows, d’Asghar Farhadi. Sortie le 9 mai.

Publié le 07 Mai 2018
Auteur : Ariane Allard
4401 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette