Rencontre Publié le 02 Avril 2018 par MÉLANIE MERMOZ

NADIR DENDOUNE : Tout sur ma mère

blog post image

Journaliste dont l’histoire a inspiré le film "L’Ascension", Nadir Dendoune sort "Des figues en avril", un documentaire très intime sur sa mère. À 45 ans, il aspire à n’être plus un « écrivain des cités ».

« Je ne veux pas être la Cendrillon du 93 ! » assène Nadir Dendoune, en préambule de la rencontre. Le moins qu’on puisse dire est que l’exercice du portrait suscite chez lui la plus grande méfiance, tant il redoute les accumulations de clichés sur celui qui est issu d’une cité et qui « a réussi ». Pour le grand public, il est « le gars du 93 qui a gravi l’Everest sans expérience de la montagne ». L’Ascension, l’adaptation au cinéma de son récit Un tocard sur le toit du monde, a dépassé le million d’entrées. À la différence du personnage joué par le comédien Ahmed Sylla, Nadir Dendoune – qui a coécrit le scénario – est, lui, un grand sportif : il a notamment effectué un périple à vélo entre l’Australie et la France, pour sensibiliser à la lutte contre le sida. Ce n’est pas non plus par amour qu’il s’est lancé ce défi, mais pour montrer qu’un habitant du 93 pouvait aussi gravir la montagne mythique et réussir dans un sport socialement élitiste. Journaliste indépendant, écrivain, auteur de documentaires, il sort Des figues en avril, un film sensible, dans lequel il donne longuement la parole à Messaouda Dendoune, sa mère, âgée de 82 ans. Pendant plusieurs mois, il la filme en longs plans-séquences et la fait parler de son enfance en Kabylie, de son arrivée en France, de son expérience de l’exil. Elle raconte aussi la difficulté d’élever une famille avec peu de moyens. « Avec ce film, Nadir met en lumière une part d’ombre de l’immigration maghrébine, les femmes qui sont arrivées entre les années 1960 et 1970. On parle un peu des hommes venus travailler en usine, jamais de celles qui les ont rejoints et qui ont élevé leurs enfants dans un contexte culturel complètement différent de celui qu’elles connaissaient et dans la pauvreté », souligne Rosa Moussaoui, journaliste à L’Humanité, devenue son amie à la suite d’un article qu’elle lui a consacré. 

... La suite dans Causette #88.

Publié le 02 Avril 2018
Auteur : MÉLANIE MERMOZ
7815 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette