Politique Publié le 02 Avril 2018 par CHARLOTTE MICHELET

ÉGALITÉ SALARIALE : Le plan que Manu rêva

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Le mari de Brigitte Macron veut réduire les écarts de salaires "injustifiés" qui pénalisent les femmes grâce à un logiciel implanté dans les entreprises. On applaudit, bien sûr, mais on reste sur notre faim.

Réjouissons-nous, les amies, on va enfin être payées comme les hommes ! C’est le gouvernement qui l’a promis. Youhou ! Merci à lui et merci à Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, pour ce beau geste de sororité. Jeudi 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Édouard Philippe et son équipe ont effectivement dévoilé un arsenal pour lutter contre « les écarts de salaires injustifiés relevant de la discrimination pure », explique le cabinet de Muriel Pénicaud, c’est-à-dire qui ne s’expliquent ni par les compétences ni par l’ancienneté, et qui s’élèvent à 9 % à poste équivalent. Une excellente nouvelle pour celles qui luttent depuis des années contre cet état de fait intolérable. « Il y avait une attente forte de l’opinion publique, estime Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT-cadres, en charge des questions d’égalité femme-homme. Je me félicite que les mouvements féministes et syndicaux aient fait bouger Emmanuel Macron sur les inégalités salariales, car on a toujours dit qu’en la matière, il fallait des mesures contraignantes et des sanctions. Et là, c’est le cas ! » La décision la plus forte est celle qui va consister à imposer aux entreprises de plus de 50 salarié·es l’installation d’un logiciel branché directement à leur système de paie. L’outil sera obliga-toire dès 2019 pour les entreprises de plus de 250 salarié·es et dès 2020 pour celles entre 50 et 249 salarié·es. De quoi réaliser une photographie des salaires de toute la boîte en intégrant des critères comme l’âge, les diplômes, l’expérience professionnelle et, bien évidemment, le genre. En cas d’écart constaté et claire-ment injustifié, l’employeur devra consacrer une enveloppe de rattrapage salariale dans les trois ans qui suivent, sous peine de devoir payer une amende pouvant aller jusqu’à 1 % de sa masse salariale. Ce qui veut tout de même dire que l’éventuelle augmentation n’arrivera pas avant 2022 ou 2023, au mieux… Faut pas être pressée ! 

... La suite dans Causette #88.

Publié le 02 Avril 2018
Auteur : CHARLOTTE MICHELET
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