La cabine d'effeuillage Publié le 06 Février 2018 par Sarah Gandillot

Sans toit, j’y crois DJIBI DIAKHATE

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À 15 ans, il est le héros d’Un jour ça ira, documentaire sur un centre d’hébergement d’urgence à Paris, sur les écrans le 14 février. Sa grâce, sa maturité, son humour, sa vivacité d’esprit inondent ce film indispensable. Rencontre avec Djibi, un enfant parmi tant d’autres confronté à la pauvreté, au mal-logement. Un étonnant petit homme en devenir.

La grande nouvelle, c’est que pour notre rencontre, Djibi nous a donné rendez-vous chez lui. Et que ce chez lui n’est pas un centre d’hébergement, ni même un hôtel social. Mais bel et bien SON appartement. Une adresse près de la gare de l’Est, à Paris. Depuis six mois, sa mère, Marietou, et lui ont enfin posé leurs valises qu’ils trim ballaient à droite à gauche depuis plus de deux ans. L’étiquette « Toit et Joie » collée sur l’interphone nous laisse comprendre que l’opérateur de logement social a effective - ment opéré pour le petit binôme Diakhate. Marietou, en boubou vert éclatant, ouvre la porte avec un grand sourire. L’odeur du « tchep » qui cuit doucement s’échappe. Sur le canapé, Djibi, capuche sur la tête, se prélasse. Un peu crevé. Il a passé la soirée de la veille au cinéma Caméo, à Nancy, avec Stan et Édouard Zambeaux (les frères Zambeaux pour les intimes), réalisateurs du film dont il est le héros, pour l’une des nombreuses avant-premières à travers la France. « On a parlé avec les spectateurs après la projection. Certains m’ont même demandé de faire des photos avec eux et de signer des autographes », raconte Djibi, mi-fier, migêné. Les affaires de Djibi et de sa mère sont encore entassées dans de nombreux sacs qui envahissent la chambre unique de l’appartement. Mais rien n’entame leur bonheur d’avoir enfin un toit à eux.

... La suite dans Causette #86.

Publié le 06 Février 2018
Auteur : Sarah Gandillot | Photo : MANUEL BRAUN POUR CAUSETTE
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