Les couleurs du féminisme Publié le 02 Janvier 2018 par Marie Mercadal

Un tout petit, petit pilori “NAME & SHAME” à la française

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Dans l’arsenal du gouvernement Macron pour lutter contre les inégalités hommes-femmes en entreprise, il y a un nouvel outil encore peu utilisé en France : le name & shame. Comprendre : « dénoncer et faire honte ». Mais ce n’est pas vraiment au point. Explication de texte.

Depuis septembre, Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, fait la chasse aux mauvais élèves de la féminisation. En guise de bonnet d’âne, seuls les noms des deux derniers de la classe ont été lâchés publiquement. Vous n’en avez pas eu vent ? C’est bien dommage, car cette dénonciation contraindrait les entreprises à (enfin !) mieux nous payer et nous faire évoluer dans notre carrière ! Causette vous propose donc ce petit manuel du name & shame pour les nul·les. En espérant que nos élu·es veuillent bien s’en inspirer.

D’où ça vient ?

Le name & shame est une méthode de militantisme très courante dans les pays anglo-saxons. Il s’agit de dénoncer publiquement une entreprise ou un individu pour le pousser à changer ses mauvaises pratiques. Elle se base sur l’idée que « pour les membres d’un groupe social, la honte infligée devant ses pairs est insupportable et pousse à agir ». C’est ce qu’affirme la militante écologiste américaine Jennifer Jacquet, auteure du premier essai sur le sujet, Is Shame Necessary? New Uses for an Old Tool (2015). Les premières pratiques qui s’apparentent au name & shame remontent au milieu des années 1980. Des militant·es contre l’apartheid en Afrique du Sud ont dénoncé les multinationales présentes dans le pays et ont poussé au boycott de leurs produits. Shell et Coca- Cola en ont fait les frais. Les associations environnementales comme Greenpeace en sont coutumières. Aux États-Unis, la méthode a fait la preuve de son efficacité. En Californie, par exemple, un site Web recense les cinq cents plus mauvais payeur·ses en matière d’impôts – celles et ceux qui n’ont pas réglé leur dû, malgré un rappel et six mois de délai. Intransigeant ? Surtout peu coûteux et efficace, le dispositif a rapporté à cet État 395 millions de dollars d’arriérés d’impôts entre 2007 et 2015.

... La suite dans Causette #85.

Publié le 02 Janvier 2018
Auteur : Marie Mercadal | Photo : Jérémie Claeys pour Causette
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