Publié le 14 Décembre 2009 par Géraldine de Margerie

Vicky de Saint-Hermine ou l’amour courtois

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« Oh ! Oh ! Jennifer, reine d'acier, ta beauté hystérique a forgé mon épée », chante Vicky, accoudé au zinc d'un petit bar du 19e arrondissement.

Grand gaillard à la chevelure d'argent et au poitrail immense, Vicky de Saint-Hermine est une figure emblématique du quartier. Poète des faubourgs, doux dingue autoproclamé roi de France et comte de Belleville, ce chevalier fêlé voue une adoration à son épée, Jennifer, venue personnifier un amour trop tôt disparu. Car avant d'être une compagne d'acier, Jennifer était un être de chair et de sang, « une beauté sauvage et baroque, de celles que l'on voit dans les gravures anciennes et métaphysiques ». Le couple se rencontre à 20ans chez les Hell's Angels, s'aime sur fond de motos vrombissantes et de hard rock. Jusqu'à ce triste jour de juin. « On roulait sans casque pour faire joli. Jennifer était derrière moi, les cheveux au vent. Et puis un camion a déboulé. » Jennifer est tuée sur le coup. Début d'une longue traversée du désert pour Vicky. Hôpital psychiatrique, électrochocs: « Quelque chose en moi est mort avec elle ce jour-là. » Depuis, le roi Vicky voue un culte à son épée, don d'un prêtre roumain à la famille Saint-Hermine, persuadé qu'elle est la réincarnation de sa bien-aimée. Une épée qui reste au chaud dans sa chambre, et devant laquelle il se prosterne chaque jour. Un objet qui évoque le souvenir de celle qui a changé sa vie. « Jennifer m'a fait homme. Homme d'intelligence et de compassion », confesse le chevalier blessé. « Elle restera à jamais en moi. »

 

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Publié le 14 Décembre 2009
Auteur : Géraldine de Margerie | Photo : Arnaud Calais
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