La copine de Causette Publié le 02 Janvier 2018 par Iris Derœux et Elvire Emptaz

Ma féministe bien-aimée Xavière Gauthier

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C’est en feuilletant la revue littéraire féministe Sorcières, lors de notre enquête sur la magie (Causette #84), que nous avons redécouvert sa fondatrice. Un coup de téléphone a suffi pour nous donner envie de discuter féminisme d’hier et d’aujourd’hui pendant des heures avec Xavière Gauthier, 75 ans. Nous sommes donc allées rencontrer cette militante et écrivaine drôle, enjouée et toujours aussi engagée dans son sweet home. On a parlé de Mai 68, de sa fascination pour Beyoncé, et même de l’importance de l’écriture inclusive…

Causette : Vous êtes née Mireille Boulaire, puis êtes devenue Xavière Gauthier. Pourquoi avoir changé de nom ?

Xavière Gauthier : Mes parents, normands, s’étaient installés pendant la guerre à Toulon, où je suis née en 1942. Ce prénom provençal ne me plaisait pas. Au début des années 1970, un amoureux m’a dit que j’étais aussi rebelle que la Xavière du livre L’Invitée, de Simone de Beauvoir, ça m’a plu. Quant au nom de famille, je ne voulais plus porter celui de mon père, car je refusais le patriarcat. C’est dans cette même logique que je ne me suis jamais mariée. Cela peut paraître prétentieux, mais j’avais besoin de créer ma propre identité.

À quel moment votre engagement féministe a-t-il pris forme ?

X. G. : J’ai toujours été très contestataire, mue par une envie d’agir. Après des études de lettres à Caen, je suis devenue éducatrice pour enfants délinquants. Cela s’est avéré très dur. Je suis donc retournée à la fac, à Paris, pour enchaîner des licences de psycho, socio, puis philo. En mai 68, j’étais en pleine révolte je préparais une thèse de philosophie esthétique sur la misogynie des surréalistes. C’est même devenu un livre, en 1971 : Surréalisme et Sexualité. Grâce à son succès, j’ai pu rencontrer des femmes qui bousculaient l’ordre établi, comme les écrivaines Marguerite Duras et Hélène Cixous ou la philosophe Julia Kristeva.

... La suite dans Causette #85.

Publié le 02 Janvier 2018
Auteur : Iris Derœux et Elvire Emptaz | Photo : Corentin Fohlen/Divergence pour Causette
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