Chiffons Publié le 02 Octobre 2017 par Anna Cuxac

Bijoux de familles

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C’est l’histoire de deux petits trous dans les oreilles qui disent beaucoup sur notre famille. Faire percer les oreilles de sa fille, encore bébé ou en âge de le réclamer, c’est aussi raconter son rapport à la tradition et au genre.

 

C’est un message agacé posté sur les réseaux sociaux, fin juillet, qui nous a mis la puce à... ben justement, l’oreille. « Bébé, chéri et moi-même sommes en vacances en Espagne pour trois semaines. Ma fille a 14 mois et j’ai refusé de lui percer les oreilles comme c’est de coutume dans nos deux familles (pour partie d’origine portugaise et espagnole). Autant mon choix fait l’objet d’une compréhension totale en France, autant ici, pas du tout, au point où, si l’enfant n’a pas les oreilles percées, c’est forcément un petit garçon... Raaalala, le poids des traditions ! Je trouve ça assez navrant... » Cette injonction, plus ou moins pressante selon les familles, à faire percer les oreilles des petites filles avant qu’elles n’en formulent l’envie est-elle seulement liée à la culture des pays catholiques de l’Europe du Sud ? Pour la sociologue du genre Catherine Monnot, elle a une réalité anthropologique au sein d’un vaste ensemble méditerranéen : « Au Maghreb, il existe un rapport ancien et avéré entre l’aiguille qui perce l’oreille et l’aiguille qui va servir aux travaux de couture par la suite. Ici, percer l’oreille, c’est entrer dans la communauté des femmes, pas seulement d’un point de vue esthétique, mais aussi symbolique. » 

... La suite dans Causette #82 !

Publié le 02 Octobre 2017
Auteur : Anna Cuxac | Photo : Illustration : Florent Giambagli pour Causette
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