La copine de Causette Publié le 02 Octobre 2017 par Sarah Gandillot

Laetitia Dosch fait tout péter !

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Dans Jeune Femme, premier lm ébouriffant de Léonor Serraille, Caméra d’or au Festival de Cannes, la comédienne explose. Rencontre avec une actrice, qui apporte au cinéma français bien calibré un vent de liberté. Tant par ses choix de rôles et la façon dont elle les incarne, que par ses choix de vie, Lætitia Dosch rebat les cartes de la féminité. Salutaire !

 

Quand le photographe arrive, ça fait bien deux plombes qu’on papote avec Lætitia Dosch comme deux vieilles copines, chez elle, autour d’un litron de tisane Saveurs du soir (il est 10 heures du mat), qui infuse depuis trop longtemps dans un thermos d’avant-guerre. La comédienne, qui vit dans une sorte d’ancien atelier d’artiste, au fond d’une impasse fleurie du XXe arrondissement de Paris, s’est envoyé la moitié d’un paquet de biscuits au chocolat en guise de petit déj et a déjà fumé quatre ou cinq clopes. Elle avait prévu de repasser son chemisier et de se faire une petite beauté avant la séance photo, mais notre discussion l’a clairement détournée de son objectif. C’est à l’arrache, et devant un petit miroir de poche, qu’elle s’étale maladroitement sur la tronche un peu d’un fond de teint sorti des entrailles de sa salle de bains. Elle n’a pas l’air d’avoir trop l’habitude... Quand on sait que la plupart des actrices refusent catégoriquement une séance photo sans une armée de maquilleurs-coiffeurs-stylistes (sans parler de la retouche Photoshop de rigueur), l’attitude de Lætitia Dosch, affranchie des normes propres à son métier et à son sexe, a de quoi nous ravir.

Le public ne l’a vraiment découverte qu’en 2013, au cinéma, dans La Bataille de Solférino, de Justine Triet. Elle y campait une journaliste pour iTélé, complètement dépassée par ses deux filles qui hurlent et son ex borderline (Vincent Macaigne). Le tout sur fond de directs chahutés par la foule, depuis la rue de Solférino, le jour de l’élection de François Hollande. On y découvrait l’ampleur de la tornade Dosch. Et l’extrême intensité de son jeu. Sa voix de crécelle un peu nasillarde, son débit mitraillette, son corps physique et sensuel. Mais aussi cette impression qu’elle donne, toujours, de se foutre royalement de se montrer sous son meilleur jour. 

... La suite dans Causette #82 !

Publié le 02 Octobre 2017
Auteur : Sarah Gandillot | Photo : Rémy Artiges pour Causette
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