Société Publié le 05 Septembre 2017 par Sophie Boutboul

Tendres poulets

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Ce sont d’anciens flics. Tous pensaient avoir mis leur plaque et leur flingue au placard pour se la couler douce en retraite. Mais aujourd’hui, tant pour pallier le manque d’effectif que pour transmettre leur savoir-faire, une centaine d’entre eux sont repartis au turbin. Sur le terrain ou dans les commissariats, ils ne font pas dans la répression, contrairement à la police de la sécurité du quotidien que le gouvernement d’Édouard Philippe souhaite mettre en place d’ici à la fin 2017, mais dans l’écoute au quotidien. Rencontre avec de vieux loups de mer, qui parviennent à retisser quelques liens avec la cité, là où ceux-ci se sont délités.

Ce jour-là, Bernard Pradel, 60 ans, vient vérifier que la factrice qu’il a aidée, suite à un problème de harcèlement sexuel sur sa tournée, a pu reprendre son travail sans encombre. Bien qu’il soit à la retraite depuis 2013, le policier sillonne quatre jours par semaine les quartiers classés zones de sécurité prioritaire (ZSP) de Montpellier (Hérault). En juin, alerté par un responsable de l’entreprise, il a pris en main le dossier de cette postière ayant déposé plainte. « Je suis allé plusieurs fois frapper à la porte du harceleur. Je lui ai dit qu’il fallait qu’il stoppe ses agissements car, sinon, il y aurait des conséquences. Ça a fonctionné », retrace Bernard. Petit gabarit aux faux airs de Francis Huster, ce père de deux enfants vit dans le Larzac. Quand il ne s’adonne pas à l’équitation, il part à la rencontre des habitants et des commerçants montpelliérains, chez eux ou entre deux barres d’immeubles.

Bernard Pradel à Montpellier, Agnès Thomas-Pirault à Rennes (Ille-et-Vilaine), Émile Lain à Sevran (Seine-Saint-Denis), tous sont retraités. Ces flics, qui ont repris du service cinq à douze jours par mois en moyenne, s’appellent des « délégués à la cohésion police-population ». De jour comme de nuit, ils parcourent leur ville, à pied ou en voiture, avec un objectif : écouter, pour dénouer des situations problématiques allant du conflit de voisinage aux violences conjugales.

... La suite dans le Causette #81 ! 

Publié le 05 Septembre 2017
Auteur : Sophie Boutboul | Photo : NANDA GONZAGUE POUR CAUSETTE
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