Fantasmes ! Publié le 03 Août 2017 par Clarence Edgard-Rosa et Maëlys Peiteado

Objets de désir

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Être un fantasme ambulant, qu’est-ce que ça fait ? Se voir affichée en poster dans des chambres d’ado, être l’idéal intouchable de certains, l’obsession dévorante d’autres, l’objet de lettres enflammées et de passions à sens unique... Est-ce grisant, terrifiant, émoustillant, doux, ou tout ça à la fois ? Nous avons demandé à cinq icônes françaises, du grand écran au hit-machine, de partager avec nous leurs impressions personnelles sur ce statut étrange.

Isabelle Adjani

« Je crois qu’en devenant actrice je me suis libérée des préventions injustifiées que nourrissait mon père : je suis passée de l’autre côté du miroir où il n’a jamais aimé que sa fille se contemple, en devenant un sujet de fantasme plus qu’un objet de désir. En m’inscrivant dans le champ de vision des réalisateurs, en m’imprimant sur la pellicule, en me projetant sur les écrans, j’ai accepté, peut-être inconsciemment, d’affronter ce qui se produit dans l’imaginaire des autres. J’aurais préféré ne pas être gênée à l’idée que des désirs inavouables nourrissent des scénarios où mon image et l’impression qu’elle a parfois laissée sont impliquées dans des fantasmes trop forts. Mais ma pudeur et la honte de m’en croire responsable m’ont toujours humiliée, au fond de moi. »

...La suite dans le hors-série Fantasmes !


Laure Pester alias Lorie

« Je me suis rendu compte que les petites filles m’imitaient. Dans la rue, des mamans me suppliaient de ne pas fumer, me tatouer ou me faire de piercing de peur que leurs filles suivent. Là, je me suis dit que ça devenait sérieux. Il y a aussi eu la fois où Jean-Jacques Goldman et Johnny Hallyday sont venus me voir en concert. En coulisses, ce dernier m’a dit : “Tu me mets dans la merde, en te regardant, j’ai envie de reprendre la musique.” »

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Ines de La Fressange

« Je ne pense pas avoir jamais été un fantasme. Mais dans les années 1980, j’ai éventuellement pu faire rêver quelqu’un de très isolé ou de dépressif, peut-être... En tout cas, c’était une époque où tout était bien moins médiatisé – il n’y avait ni Twitter ni Instagram –, donc le “retour” du public était moins flagrant. Je m’étonnais de voir les files d’attente lors de séances d’autographes dans des grands magasins à Miami ou à Hong- kong, cela me paraissait même étrange que l’on me connaisse ! »

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Malika Ménard

« Tant que j’étais dans le petit monde des élections régionales j’étais suivie par une communauté de fans du concours. Des filles et des garçons très jeunes, passionnés par la beauté et les paillettes, qui connaissaient le nom des lauréates de toutes les régions de France sur les vingt dernières années. Ils fantasmaient sur le titre, pas sur moi. Après, évidemment, quand tu es mise en lumière en prime time sur TF1 en maillot de bain, le regard change. »

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Corinne Marchand

« Encore petite comédienne, j’étais en plein tournage quand Agnès Varda est entrée sur le plateau et a dit en me regardant : “J’ai trouvé ma Cléo”. Ça a été le rôle de ma vie, il m’est tombé dessus. Je corres- pondais à l’idée que la réalisatrice se faisait de la beauté. Pourtant, j’étais une grande timide gênée par son physique. Je me suis d’ailleurs toujours sentie un peu agressée par le regard des hommes. Le film raconte la journée d’une jeune femme douce et fragile affrontant la mort, c’est donc ainsi que le public m’a perçue. Il y a eu un amour collectif surprenant autour de mon personnage et beaucoup de petites nées Corinne ensuite. »

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Publié le 03 Août 2017
Auteur : Clarence Edgard-Rosa et Maëlys Peiteado
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