Politique Publié le 13 Juillet 2017 par Maëlys Peiteado et Virginie Roels

Quand Emmanuel Macron trouvait « nécessaire » l’inéligibilité des élus condamnés pour agression sexuelle. Loi de moralisation de la vie publique

blog post image

Le gouvernement, par le biais de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, s’est opposé à ce que les élus condamnés pour harcèlement sexuel et/ou moral soient inéligibles. Pourtant, Emmanuel Macron en personne nous en avait fait la promesse, devant les micros de Causette, le 16 février dernier. Piqûre de rappel…

Un amendement visant à étendre la peine d’inéligibilité aux élus condamnés pour harcèlement sexuel et/ou moral a été adopté le 13 juillet par les sénateurs. Passera-t-il la barrière de l’Assemblée, où il doit de nouveau être débattu dans les semaines qui viennent ? Pas sûr, du tout ! La ministre de la Justice, Nicole Belloubet., a donné le « la » en désaprouvant l’amendement.

Une réaction « incompréhensible », pour l’ancienne ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, à l’origine de l’amendement. « Incompréhensible », c’est le mot. Car nous avons été rechercher dans nos archives et sommes tombées sur l’interview que nous avait accordée Emmanuel Macron, le 16 février dernier, dans les locaux de Causette. À cette occasion, nous lui avions demandé de se positionner sur l’inéligibilité des élus condamnés pour agressions sexuelles ou violences. Bref, des élus qui, en toute impunité, continuent de siéger, de se présenter aux élections, malgré un casier judiciaire chargé. La réponse de l’actuel Président de la République était alors bien plus tranchée. Rien ne laissait alors présager que, quelques mois plus tard, la Garde des Sceaux dirait tout l’inverse…

Verbatim : Débat Causette sur les droits des femmes avec Emmanuel Macron, le 16 février 2017, Paris 11e.

Causette : Vous disiez que c’est un sujet à remettre sur la place publique, mais concernant le harcèlement, quand nos députés ne votent pas l’inéligibilité pour les élus condamnés pour des faits d’agressions sexuelles et de violences, comment voulez-vous que les enfants se disent que ce n’est pas normal alors que nos représentants, nos élus peuvent harceler et peuvent continuer à exercer leurs fonctions ?

Emmanuel Macron : Là-dessus, cela relève plus largement des questions de probité dans la vie publique. Moi, j’ai pris ce critère pour les investitures données à celles et ceux qui auront l’étiquette En marche ! à porter aux élections. Personne ne sera investi, qui a un casier judiciaire B2. Les infractions dont vous parlez sont inscrites au casier judiciaire dans la catégorie B2, donc ces personnes-là ne pourront pas être investies par En marche !. C’est nécessaire et cela vaut pour tout. Allez expliquer aux gens que la délinquance financière, c’est grave, qu’on va les massacrer, si derrière vous pouvez être condamné et continuer à être député. On porte un renouvellement avec 50 % de femmes et une vraie parité. Ce dont on parle là, c’est le fruit d’un entre-soi. Comment on peut arriver à des pratiques de ce type-là ? Comment on peut arriver, c’est un autre débat sur un sujet que je ne commenterai pas, sur les pratiques de népotisme. Parce que c’est l’entre-soi, parce que l’on s’habitue.

Pour que « l’on ne s’habitue pas » justement, Causette appelle les lectrices à « harceler » leur député afin qu’ils votent POUR cet amendement.

 

1 - https://www.publicsenat.fr/article/politique/moralisation-les-senateurs-etendent-l-ineligibilite-aux-elus-condamnes-pour

Publié le 13 Juillet 2017
Auteur : Maëlys Peiteado et Virginie Roels | Photo : Capture écran du live Facebook
28505 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette