cinema Publié le 03 Juillet 2017 par Ariane Allard

Robin Campillo, sidactiviste

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Inspiré de l’expérience militante du réalisateur à Act Up dans les années 1980, 120 battements par minute, de Robin Campillo, est tour à tour euphorique, politique, romanesque et tragique. Il a d’ailleurs reçu le grand prix du jury au Festival de Cannes. À l’occasion de la sortie en salles, le 23 août, de cette fresque ambitieuse, une conversation avec son auteur s’imposait.

Causette : Vous aviez 30 ans en 1992, le moment où vous avez commencé à militer à Act Up. Vous êtes alors monteur à la télévision. Comment êtes-vous arrivé dans cette association de lutte contre le sida ?

Robin Campillo : En fait, il faut remonter un peu plus loin... En 1982, on commence à parler des premiers symptômes de l’épidémie de sida. J’ai 20 ans, je suis un jeune gay lambda et je m’aperçois, soudain, que les choses vont être compliquées. Très vite, je passe du côté de la peur. Parce que, même si on en parle, en France, il n’y a aucune communication sur le mode de transmission du virus. D’ailleurs, je ne fais un test de dépistage que très tard. Donc je traverse les années 1980 comme un moment de silence. Brutal. C’est ce silence-là et la stigmatisation des trois H (homos, héroïnomanes et Haïtiens) qui me mettent en colère. Et m’amènent à Act Up Paris. Là, je découvre un groupe extrêmement joyeux. Des gens passionnants, qui viennent de milieux très différents, mais qui apprennent, ensemble, à produire une parole et une action communes.

... La suite dans Causette #80.

Publié le 03 Juillet 2017
Auteur : Ariane Allard | Photo : © Céline Nieszawer
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