Santé Publié le 28 Juin 2017 par Eloïse Fagard

IVG en Italie : Le blues des vieux gynécos

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Le pays a légalisé l’avortement en 1978. Mais la génération de médecins qui a lutté pour ce droit approche de la retraite, et la relève n’est pas assurée. De nombreux « objecteurs de conscience » refusent de pratiquer l’IVG et, pour les Italiennes, avorter devient de plus en plus compliqué.

Dans la région du Molise, à 200 kilomètres de Rome, seul un médecin accepte encore de pratiquer des avortements. C’est Michele Mariano, 65 ans et quatre cents IVG chaque année. « Dans cinq ans, je pars à la retraite. Si on ne résout pas le problème de l’objection de conscience, ce sera très compliqué d’avorter quand nous, les soixante-huitards qui avons tant lutté pour l’avortement, n’exercerons plus. » En effet, la loi italienne sur l’IVG, votée en 1978, prévoit la possibilité de refuser un geste médical en raison de ses convictions. C’est la fameuse objection de conscience, de plus en plus invoquée par les médecins. Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, la part des objecteurs n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui, 70 % des gynécos italiens refusent de pratiquer des avortements, un taux qui peut grimper jusqu’à 90 % dans les régions du sud de la botte. Et, bien souvent, les véritables motivations ne sont pas du tout religieuses. « C’est pour faire carrière », explique le docteur Mariano. Dans un pays comme l’Italie, avec le Vatican à domicile, l’influence de l’Église est très forte, même dans le secteur hospitalier, et il est désormais difficile de faire carrière si l’on pratique des avortements. « La région du Molise a signé une convention avec l’université catholique. Ils en ont profité pour nommer un chef de service objecteur. Du coup, alors que j’étais chef du service de gynécologie, ils m’ont nommé à la tête d’un miniservice spécial où je pratique des avortements. L’idée était de sortir les avortements du service gynéco », détaille Michele Mariano.

... La suite dans Causette #80.

Publié le 28 Juin 2017
Auteur : Eloïse Fagard | Photo : Illustration Sarah Wilkins Pour Causette
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