Festival Solidaire Publié le 27 Juin 2017 par Aurélie Rodrigues

Causerie au Festival solidaire : On en a marre du rose ! 25/06/17

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Chouette, la jeunesse ! Deux étudiantes de l'école de journalisme EFJ de Bordeaux parcourent le site de notre Festival solidaire à Cenon (33) pour s'exercer au métier. En partenariat avec leur école, nous publions leurs textes.

Le marketing genré : On en a marre du rose !

Lors de la troisième journée du Festival Solidaire Causette se tenait une conférence sur le marketing genré et la taxe rose. Autour de la table, quatre femmes : Gaëlle Couraud (co-fondatrice du collectif Georgette Sand), Raphaëlle Rémy-Leleu (porte-parole de l’association Osez le féminisme) et Fatima El Ouasdi (Présidente-fondatrice de l’association Politiquelles) avec Anna Cuxac, journaliste à Causette, en chef d’orchestre.

Le marketing genré, la taxe rose, la taxe tampon… Ces trois phénomènes ont un point commun : un biais sexiste. Passons aux définitions. La taxe rose est le fait de payer un produit de consommation plus cher parce qu’il est estampillé « pour femmes ». Par exemple, nos rasoirs roses sont plus chers que ceux réservés aux hommes. La taxe tampon qualifiait le fait de taxer à 20% les protections hygiéniques comme tout bien de consommation standard. En abaissant la taxe 5,5% sur ces produits en 2015, comme tous les autres produits de première nécessité, le législateur a entendu les revendications des féministes. Enfin, le marketing genré désigne quant à lui « les pratiques qui consistent à adapter la politique marketing en fonction du sexe de la cible ». Par exemple, en 2014, Signal a sorti un dentifrice « White Now Men ». Le marketing genré est un fait de société quotidien : dans les grandes surfaces, les publicités, les concessionnaires automobiles… Ce phénomène commence au plus tôt dans nos vies. Par le biais des jouets, les filles comme les garçons portent des étiquettes dont il est difficile de se détacher. Un exemple ? La dinette princesse pour les filles et le camion de pompier pour les garçons.

Pour ces trois femmes engagées, le marketing genré est un phénomène international qui prend de plus en plus d’ampleur. Les publicitaires et les fabricants cherchent à faire toujours plus de profit tout en vendant des produits identiques… MAIS de couleurs différentes ! « C’est naze, degré zéro de créativité. » glisse Raphaëlle Rémy-Leleu. Sans parler des pubs sexistes : « On met des femmes à poil pour vendre du yaourt. »

Le cheval de bataille de Gaëlle Gouraut, c’est la taxe rose, une « violence économique » à l’égard des femmes. Un prise de conscience est nécessaire pour celles qui « n’acceptent pas que les inégalités économiques restent intouchables ». C’est grâce à la mobilisation de son collectif Georgette Sand que l’on doit l’abaissement de la taxe sur les produits de protection hygiéniques.

La dernière partie de la table ronde est marquée par une discussion autour des efforts de géants de la pub de s’éloigner des stéréotypes véhiculés par les spots de réclame. Sous la bannière d’Unstereotype Alliance, ces derniers se sont associés à ONU Femmes pour mettre en place de bonnes pratiques. C’est vrai que depuis plusieurs années la question taraude les publicitaires. Déjà en 2014, Publicis Consultants réalisait la vidéo #likeagirl pour Always : de jeunes filles montraient ce que faire « quelque chose comme fille » signifie pour elles (courir comme une nunuche, notamment). L’idée ? Montrer que nous nous enfermons dans des carcans genrés dès le plus jeune âge, et inciter à les dépasser. Petit à petit les choses changent. Grâce aux réseaux sociaux, les associations féministes ont réussi à rendre cette problématique virale. La mobilisation contre le marketing genré, la taxe tampon et taxe rose a décuplé, car « chaque consommateur doit être acteur », martèle Fatima El Ouasdi. Raphaëlle Rémy-Leleu renchérit et conclut avec humour : « Madame, Monsieur, vous pouvez partager votre dentifrice ! »

Publié le 27 Juin 2017
Auteur : Aurélie Rodrigues
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