Société Publié le 02 Juin 2017 par Léa Ducré

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« Quel taux t’as eu sur ton crédit ? » À l’approche de la trentaine, la question devient incontournable. Fini le temps de l’inconscience et des loyers immodérés, l’heure est aux projets d’avenir. À la sacro-sainte propriété... et donc à l’emprunt. Troublée par cette doctrine, je suis partie en road trip à la recherche d’alternatives, d’autres conceptions de l’argent. Voici mon carnet de bord, de mon pétage de câble chez le banquier jusqu’à ma rencontre avec les « gratuivores ».

Point de départ

Tout commence dans une banque bordelaise lambda. J’y ai rendez- vous avec Marie-Sophie. J’ai soigneusement préparé mon dossier et un pitch de rêve pour sublimer mon plan de vie. La banquière arrive, prisonnière d’un tailleur trop serré, et me lance une unique question : « Êtes-vous en CDI ? » Sourire forcé quand je lui dis non. « Je ne veux pas vous décourager, mais... pas de CDI, pas de crédit. » Deux minutes d’entretien et la honte d’être insolvable par anticipation m’accable.

J’essaie une autre banque, avec mon copain cette fois. Là, un crédit est envisageable. « Partons sur vingt-cinq ans. » Je n’ai que 26 ans, et pour emprunter, je vais devoir garder un revenu stable et le même mec pendant un autre quart de siècle ! Avec nos professions « hors cases » (comprendre journaliste et auteur indépendants), nous héritons en plus du pire des taux d’intérêt et, à l’âge où je me poserai la question de ma retraite, j’aurai payé à la banque 100 000 euros sur un prêt de 240 000. Il faut également ajouter 18 000 euros d’assurances diverses afin que la banque, quoiqu’il nous arrive, ne soit jamais perdante.

... La suite dans Causette #79.

Publié le 02 Juin 2017
Auteur : Léa Ducré | Photo : Illustration : Camille Besse
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