Corps et Ame Publié le 02 Juin 2017 par Par Clarence Edgard Rosa avec Maëlys Peiteado et Alizée Vincent

Basiques instincts Enterrement de vie de célibataire

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Ce n’est pas tous les jours que nos sociétés occidentales voient apparaître un nouveau rituel. Les moins de 30 ans sont désormais plus de 70 % à enterrer leur vie de célibataire. Plongée au cœur d’un cérémonial encore mystérieux.

« Quand ma meilleure amie m’a demandé d’être son témoin de mariage, je n’avais aucune idée de la galère dans laquelle je m’engageais. Bêtement, j’ai cru que l’enterrement de vie de jeune fille était facultatif », se souvient Rita. Cette petite « faute » aura valu à la trentenaire la plus grosse embrouille de sa vie : son amie, terriblement déçue de ne pas avoir droit à un adieu en bonne et due forme à son nom de jeune fille, a failli ne jamais lui pardonner. « Pour elle, non seuement ça faisait partie du “package mariage”, mais en plus c’était une sorte de démonstration de notre amitié qui se jouait. » Lisa, elle, panique à chaque annonce de fiançailles « en pensant à tout ce qu’il va falloir organiser ». Un passage obligé : en l’espace de quelques années, c’est ce qu’est devenu le joliment nommé « enterrement de vie de jeune fille/garçon » (pour les habitués et ceux qui n’ont pas le temps : EVJF/EVG).

Les seules données chiffrées existantes en France à ce jour, que nous dévoilons ici en exclusivité, confirment que ce nouveau rituel est un pur produit de la décennie en cours. Et qu’il s’impose à vitesse grand V. Selon l’enquête de Wilfried Rault et Arnaud Régnier-Loilier à l’Ined, un quart des futurs époux et moins d’un huitième des futures épouses enterraient leur vie de célibataire jusqu’aux années 2000 ; l’événement est aujourd’hui célébré par 74 % des hommes et 72 % des femmes de moins de 30 ans qui s’apprêtent à se passer la bague au doigt. Une proportion encore plus élevée chez les moins de 25 ans. « C’était anecdotique il y a quinze ans, pourtant on se retrouve aujourd’hui face à des jeunes persuadés que l’enterrement de vie de célibataire est un rite traditionnel », note Florence Maillochon. Sociologue et directrice de recherche au CNRS, cette grande spécialiste des rites associés au « plus beau jour de ta vie » est stupéfaite par la rapidité avec laquelle cette pratique s’est démocratisée. « Elle répond à un modèle désormais uniforme d’un pays à l’autre », précise-t-elle.

... La suite dans Causette #79.


 

Les garçons manqués pionnières de l’EVJF 

En 1877, un certain Charles Georgeot, de Remiremont, en Lorraine, récitait lors de l’enterrement de vie de garçon de son ami Félix Tissier, docteur de son état, l’épître suivante : « Le sort en est jeté ! Comme une épidémie, le conjungo sévit sur notre compagnie. Et de notre passé tous successivement nous allons dans l’hymen chercher le dénouement. [...] “La transformation est la loi du Destin.” C’est le mot qu’un ami, comme toi médecin, à ma propre noyade a prononcé naguère afin de m’expliquer le ténébreux mystère qui me faisait soudain, moi, joyeux compagnon, renoncer de sang- froid aux plaisirs de garçon. »

Anna Cuxac

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Lâchages organisés

Animations, billets d’avion, logement... les enterrements de vie de jeune lle et de garçon ont un tel succès qu’ils génèrent désormais une économie parallèle à celle des mariages. Décryptage de ce business d’un nouveau genre. 

... La suite dans Causette #79.

Elvire Emptaz

Publié le 02 Juin 2017
Auteur : Par Clarence Edgard Rosa avec Maëlys Peiteado et Alizée Vincent | Photo : William Beaucardet pour Causette
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