cinema Publié le 17 Mai 2017 par Ariane Allard

Cinq séquences pour décrypter Cannes 2017 17/05/17

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Il n’y a pas que sur grand écran que le cinéma nous raconte quelque chose. De nous, des autres, du monde. Avec d’un côté sa cinquantaine de longs-métrages en sélection officielle, donc sa cinquantaine de montées des marches écarlates chaque soir, ses quelque 5 000 professionnels en ébullition pendant quasi deux semaines (journalistes, producteurs, acheteurs, auteurs, réalisateurs, acteurs, distributeurs, programmateurs, exploitants de salle…) ; et, de l’autre, ses coups de cœur extatiques, ses miniscandales, ses yachts immobiles, son luxe ostentatoire, ses barrières de sécurité de plus en plus sécuritaires, ses fêtes secrètes pour « happy few » et/ou sa foule ivre de selfies et de vraies-fausses vedettes sur la Croisette. Cannes se vit comme une sorte de récit scénarisé en permanence. Un brin hystérique. Mais ludique aussi. Décryptage en cinq séquences, histoire de comprendre – grosso modo – le film qui va se jouer, en vrai, du 17 au 28 mai.

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Les vétérans.

Ils ne sont pas si nombreux finalement. Mais permettent, chaque année, d’alimenter l’idée (tenace) que Cannes et son directeur général, le sémillant Thierry Frémaux, invitent toujours, peu ou prou, les mêmes « granzoteurs » du cinéma mondial. De fait, aussi bien dans le jury – présidé par Pedro Almodovar, un habitué de la compétition, sauf cette année bien sûr – qu’en sélection officielle, les cinéastes de renom pullulent. Reste qu’à moins d’être de très mauvaise foi, l’on est toujours content – voire excité – de découvrir, en compétition pour la Palme d’or, les nouveaux films de Michael Haneke, Sofia Coppola et François Ozon (pour les plus connus), ou de l’Américain Todd Haynes, du Russe Andreï Zviaguintsev, du Sud-Coréen Hong Sangsoo, de la Britannique Lynne Ramsay, du Grec Yorgos Lanthimos ou du Suédois Ruben Östlund. Pour ne citer qu’eux cette année !

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Les nouveaux venus.

On les retrouve plutôt dans la section Un certain regard, d’ordinaire. Une section tout ce qu’il y a de plus officielle, mais qui fait office de tête chercheuse. Ainsi, cette année, on sera très attentif (notamment) à deux cinéastes originaires d’Afrique du Nord : l’Algérien Karim Moussaoui et son percutant En attendant les hirondelles (un premier long-métrage formidable) et la Tunisienne Kaouther Ben Hania pour son deuxième film, La Belle et la meute (le premier, Le Challat de Tunis, était d’une insolence et d’une intelligence folles). À suivre de très près, également, l’Argentin Santiago Mitre pour son troisième film : La Cordillera (El Présidente)…

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Les échappées belles.

Celles-là sont plutôt à dénicher du côté de la toujours très inventive Quinzaine des réalisateurs. Depuis quelques années, sous la houlette d’Édouard Waintrop, son délégué général (et ancien journaliste de Libé), elle partage en effet son enthousiasme pour les films dits de « mauvais genre » (thrillers indiens ultraviolents, films gore chiliens ou… comédies françaises très réussies, mais oui !) avec un public de plus en plus conquis. Rock’n’roll, donc. Confirmation cette année avec les nouveaux films dérangeants d’Abel Ferrara, de Bruno Dumont, de Claire Denis et de Sharunas Bartas. Ou ceux de petits jeunots farouchement indépendants tels Sean Baker, Chloé Zhao ou Rungano Nyoni. Une sève nouvelle que l’on s’attachera également à découvrir du côté de la Semaine de la critique. Puisque cette autre sélection parallèle se consacre, elle, exclusivement, aux premiers et deuxièmes longs-métrages. Ava, toute première fois de la jeune cinéaste Léa Mysius, risque ainsi de faire beaucoup parler (et pour cause : il est carrément bluffant !).

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La star.

Nicooooole Kidman ! Si l’on vous parle d’elle, ce n’est pas seulement parce que sa pâleur-longueur-langueur sans âge impressionne chaque année davantage. Mais parce que l’actrice australienne sera présente à Cannes pour quatre raisons. D’une part elle se retrouve dans deux films de la compétition : Les Proies, de Sofia Coppola, et Mise à mort du cerf sacré, de Yorgos Lanthimos. Et d’autre part, elle est à l’affiche d’un long-métrage hors compétition, How to Talk to Girls at Parties, de John Cameron Mitchell, ET dans la deuxième saison de la série Top of The Lake, de Jane Campion, projetée à Cannes en avant-première. Très, mais alors très attendue (la série comme la comédienne, of course !).

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L’icône.

Peu de membres du 7e art, même très éminents, peuvent prétendre à ce statut. Surtout à Cannes où la concurrence fait rage. Reste que s’il est une icône indispensable au Festival de Cannes c’est bien… Isabelle Huppert. Une grande habituée, pour le coup ! Elle atteint même un record puisqu’elle a été à l’affiche d’une vingtaine de films sélectionnés, ici, depuis le début de sa carrière dans les années 1970. Et elle a remporté pas moins de deux prix d’interprétation (pour Violette Nozière, de Claude Chabrol, et La Pianiste de Michael Haneke). À toute icône tout honneur : elle a donc été membre du jury du Festival de Cannes, bien sûr, mais également son incisive présidente en 2009. Inégalable, intouchable, inaltérable, vraie femme puissante en somme : elle vient défendre cette année encore deux films en sélection officielle, Happy End, de Michael Haneke, et La Caméra de Claire, de Hong Sangsoo. Bref, avec elle, c’est une never ending story.

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Publié le 17 Mai 2017
Auteur : Ariane Allard
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