cinema Publié le 13 Avril 2017 par Arianne Allard

Festival de Cannes : le compte est rond 13/04/17

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Michel Hazanavicius, Sofia Coppola, Michael Haneke, François Ozon, Todd Haynes : ils et elle seront (notamment) en lice pour la Palme d’or, à partir du 17 mai prochain, lors de la 70e édition du Festival de Cannes. Placée sous le signe du nombre (49 longs-métrages dans la sélection officielle) et de la fête, anniversaire oblige. Petit déchiffrage ci-devant…

« On l’espère stable et festive ! », entonnaient, ce jeudi 13 avril, à Paris, Thierry Frémaux et Pierre Lescure, respectivement délégué général du Festival de Cannes et président. Quoi donc ? La traversée de la Croisette en montgolfière ? L’ascension en stiletto de la façade du Carlton ? Que nenni ! Conviant la presse (internationale) dans une grande salle de cinéma sur les Champs-Élysées (vitrine interplanétaire du « chic » français, vraiment ?), les deux acolytes parlaient, bien entendu, de la prochaine édition, qu’ils s’apprêtaient alors à dévoiler.

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La 70e, tout rond, qui se déroulera du 17 au 28 mai prochains. Juste après les présidentielles, juste avant les législatives et (toujours) en plein « état d’urgence » : l’anniversaire du plus grand Festival de cinéma au monde risque d’être célébré dans un contexte… « intéressant », pour reprendre l’adjectif de Pierre Lescure, (ancien) journaliste narquois. D’où cette exhortation à la stabilité et à la fête, d’emblée, avant de livrer une palanquée de titres (de films) et de noms (de cinéastes). Comme autant de promesses, de grigris et/ou de repères. Quoi de mieux qu’une somme de chiffres – stables sinon festifs – pour prendre la mesure de cet événement et, peut-être aussi… pour se rassurer ? De fait, le compte est bon ou presque, en attendant (comme d’hab’) les ajouts de dernière minute…

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49

 

C’est le nombre de longs-métrages sélectionnés cette année. Les programmateurs du Festival, qui s’abiment la rétine depuis des mois sous la houlette toujours passionnée de Thierry Frémaux, en auront visionné 1930, en tout, avant de faire leurs choix. C’est dire si, pour les réalisateurs-auteurs-producteurs-acteurs, la lutte est rude, avant même de pouvoir poser leurs (jolis) pieds sur le tapis rouge. Sur ces 49 films, seuls dix-huit seront en compétition pour la fameuse Palme d’or. Les autres se répartiront dans des sections parallèles, moins « glamour », mais non moins prestigieuses (Un Certain regard, Séances de minuit, Séances spéciales, Cannes Classics, etc.). Parfois, même, c’est là que se nichent les plus belles pépites ! À retenir en tout cas, parmi les futurs « palmables », histoire de saliver d’avance : les nouveaux films de Sofia Coppola (The Beguiled/Les Proies), Michael Haneke (Happy End), François Ozon (L’Amant double), Noah Baumbach (The Meyerowitz Stories), Todd Haynes (Wonderstuck), Andrey Zvyagintsev (Loveless), Hong Sangsoo (The Day After) ou Yorgos Lanthimos (The Killing of a Sacred Deer). Des habitués (histoire de conforter l’idée que Cannes a ses chouchous !), mais surtout, grosso modo, le haut du panier en termes de films d’auteurs.

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29

C’est le nombre de pays représentés par ces 49 longs métrages. À vue de nez, ça a l’air de faire beaucoup – normal pour un festival international –, sauf qu’étant donné le nombre d’États dans le monde… pas tant que ça finalement ! Surprise : pas de film indien, pas de film chinois, pas de film espagnol ni latino-américain cette année (des horizons cinématographiques souvent passionnants pourtant)… au grand dam des journalistes issus de ces « douces » contrées ! « Tout dépend de la conjoncture ! », leur a rétorqué Thierry Frémaux. Et de l’état d’avancement des productions, surtout. En revanche, côté ciné français, ça va plutôt bien, merci pour lui (pour mémoire, Cannes et sa rutilante Croisette se situent en France, en même temps…) ! De fait, on retrouve quatre longs-métrages français en compétition, un chiffre relativement stable chaque année. Outre François Ozon (pour un film annoncé comme « hitchcockien », miam !), seront en lice Michel Hazanavicius pour Le Redoutable (sur le coup de foudre entre Jean-Luc Godard et Anne Waziemski, en 1967), Jacques Doillon pour Rodin (un biopic, comme son titre l’indique) et Robin Campillo pour 120 battements par minute (sur la naissance d’Act Up). Par ailleurs, on espère beaucoup du biopic sur la chanteuse Barbara, réalisé par Mathieu Amalric, avec Jeanne Balibar dans le rôle-titre (en ouverture de la section Un Certain regard). Entre autres…

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12

C’est le nombre de réalisatrices sélectionnées cette année, toutes sections confondues. Un chiffre dont se félicitent les organisateurs (sans blague) : il est en hausse en effet (9 en 2016 et 6 en 2015). Youpi ! Même s’il reste, est-il besoin de le préciser, excessivement minoritaire (12 sur 49, sortez vos calculettes, ça ne fait jamais que 24, 48 % de femmes…). On souhaite donc bonne chance à l’Américaine Sofia Coppola, l’Écossaise Lynne Ramsay (pour You Were Never Really Here) et la Japonaise Naomi Kawase (pour Radiance) : les seules filles en compet’ cette année (haut les cœurs !). Et l’on gardera un œil très attentif sur le 3e long métrage de la jeune Tunisienne – hyper prometteuse – Kaouther Ben Hania (Beauty and the Dogs, dans la section Un Certain regard). Ou sur la cinéaste la plus jeune de toutes en dépit de ses 80 et quelque printemps (bientôt 90 !) : à savoir l’insubmersible Agnès Varda, sélectionnée hors compétition pour Visages, villages, un documentaire coréalisé avec le jeune JR. 

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Des dizaines, allez même des centaines !

C’est le nombre de stars, vedettes, semi-vedettes et invité(e)s scintillant(e)s attendu(e)s cette année encore sur la montée des marches et sans lesquelles Cannes ne serait pas tout à fait Cannes. Ou alors un Cannes… boiteux. Sont annoncées, dans le désordre, quoique savamment coiffées, maquillées, bijoutées, etc. : Isabelle Huppert, Nicole Kidman, Colin Farrell, Kirsten Dunst, Joaquin Phoenix, Julianne Moore, Vincent Lindon, Bérénice Bejo, Louis Garrel, Ben Stiller, Dustin Hoffman, Emma Thompson, etc, etc. En VF ou en VO, ça le fait !

70 + 2

2017, vous vous souvenez, c’est la 70e édition de ce Festival « légendaire ». Or donc, quelques festivités officielles sont évidemment annoncées. Un gros gâteau ? De belles bougies ? Pensez donc ! Ici, on voit forcément tout en beaucoup plus grand. En l’occurrence, on nous promet juste… la projection en avant-première des premiers épisodes des suites de deux séries télé cultes (c’est dire si, aujourd’hui, le cinéma et les séries font ami-ami, bien obligés) ! Entendez deux séries hyper attendues, hyper convoitées, hyper génialement sophistiquées… À savoir Twin Peaks (vingt-cinq ans après), de David Lynch. Et Top of The Lake, de Jane Campion (qui a mis quatre ans pour mitonner cette saison 2, la vilaine). Cette dernière étant la seule femme à avoir jamais décroché la Palme d’or (pour La Leçon de piano, en 1993 !), on lui dit juste : « Thank you, madame ! ».   

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Publié le 13 Avril 2017
Auteur : Arianne Allard | Photo : L'affiche du festival de Cannes et, à gauche, la photo non amincie de Claudia Cardinale
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