Politique Publié le 03 Avril 2017 par Elvire Emptaz

Bian de campagne Droits des femmes

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Mois après mois, Causette a passé les candidats sur le grill, histoire de connaître leurs programmes concernant les droits des femmes. Le temps du bilan a sonné, alors, pour ce dernier débat, nous avons demandé à des féministes d’examiner le meilleur et le pire de leurs propositions. Autour de la table : Julie Muret, militante, et Marie Allibert, porte-parole de l’association Osez le féminisme. Invités, François Fillon et Marine Le Pen n’ont pas jugé utile de venir devant nos lectrices, mais on ne les a pas oubliés pour autant. Morceaux choisis...

Causette : En 2017, les candidats de gauche comme de droite font des propositions « pour les droits des femmes ». certains ont même des comités dédiés à ces sujets, comme « les femmes avec Fillon » ou « Elles marchent » pour Emmanuel macron. Y a-t-il, pour cette élection, une injonction à être féministe, quitte à mettre tout et n’importe quoi derrière ce mot ?

Julie muret : C’est très clair dans le programme de François Fillon, qui a fait des propositions sur les violences faites aux femmes et s’est exprimé sur le sujet des places en crèche, ce qui n’est pourtant pas, traditionnellement, une revendication de la droite. Il se positionne aussi sur la question du système prostitutionnel, malgré les divergences dans son camp. On voit donc qu’il s’est senti obligé de s’intéresser aux féministes pour faire des propositions concrètes. Quant à Marine Le Pen, elle a lissé son programme en retirant, notamment, sa proposition de « salaire maternel ».

À propos de marine le pen, sur ses 144 propositions, elle ne parle des femmes qu’en évoquant le risque islamiste qui pèserait sur leurs droits. En quels termes poser le débat entre religions et droits des femmes ?

J. M. : Dans ses propos – comme dans ceux de François Fillon –, le féminisme est souvent instru- mentalisé contre une seule religion, l’islam. Ils ne mentionnent pas la laïcité comme un moyen de faire valoir les droits des femmes, de favoriser la liberté religieuse, le vivre ensemble et l’absence de religion d’État.

Marie Allibert : Sa grille de lecture des droits des femmes se fonde uniquement sur le racisme. Les violences masculines ne seraient pas une affaire « de chez nous », mais une violence des « autres ». Elles ne concerneraient que les personnes qui ont l’air musulmanes, si tant est que cela veuille dire quelque chose...

Publié le 03 Avril 2017
Auteur : Elvire Emptaz | Photo : Michael Bunel
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