Les couleurs du féminisme Publié le 27 Février 2017 par Marion Rousset

Le flux défendu

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Dans Ceci est mon sang, la journaliste Élise Thiébaut met l’accent sur un tabou ancestral, qui continue de peser lourdement sur la vie des femmes : les règles.

Causette : C’est parce que le sang menstruel est tabou qu’on a longtemps interdit aux femmes de voter ou d’être élues, écrivez-vous. Le lien n’est-il pas un peu osé ?

Élise Thiébaut : L’anthropologue Françoise Héritier explique que la hiérarchie entre les sexes est fondée sur une dif- férence fondamentale entre les femmes, qui voient le sang couler d’elles, et les hommes, qui ont le pouvoir de faire jaillir ce sang. D’un côté, une position passive ; de l’autre, une action positive. Un autre anthropologue, Alain Testart, développe une thèse assez similaire dans son livre L’Amazone et la Cuisinière. La division sexuée du travail trouve son origine, selon lui, dans le tabou autour du sang menstruel. Il explique que c’est à cause de l’inter- diction symbolique de mélanger les sangs que la chasse était une activité réservée aux hommes pendant l’Anti- quité. Aujourd’hui, on hésite encore à nous confier des postes à responsabilité et notre parole reste moins cré- dible dans le débat public, aussi parce qu’on considère que le retour cyclique des règles contribue à nous rendre émotionnellement instables. Qui ne s’est jamais entendu dire « tu as tes ragnagnas » pour expliquer une mauvaise humeur, voire un désaccord ?

...La suite dans Causette #76 ! 

Publié le 27 Février 2017
Auteur : Marion Rousset | Photo :
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