Chiffons Publié le 24 Février 2017 par Clarence Edgard-Rosa

Un haut qui fait débat Le soutif

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Tous les matins, vous l’enfilez, l’agrafez machinalement. Il maintient vos nichons en place, vous vous dites. Au fond, il n’y a que quand, le soir venu, vous vous en débarrassez dans un grognement de soulagement, que vous mesurez la présence de ce bout de chiffon. Qu’est-ce qui a poussé nos aïeules à se flanquer d’un soutif et, surtout, avons-nous raison de faire comme elles ?

C’est une femme qui met au point le premier soutien-gorge à la fin du XIXe siècle. Eugénie Herminie Cadolle est corsetière. C’est aussi une communarde féministe, atterrée par les corsets absurdes que ses contemporaines sont contraintes de porter depuis le XVe siècle. « Elle coupe un corset en deux parties : il y a le soutien-gorge d’une part, le serre-taille de l’autre. Contrairement au corset, qui comprime et soutient par le bas, cette pièce suspend le poids des seins par des bretelles », précise Catherine Örmen, historienne de la mode. Cadolle présente sa création à l’Exposition universelle en 1889 et dépose le brevet en 1898. Mais on ne sort pas d’un corset dans lequel on est engoncée depuis des générations en un claquement de doigts, et l’invention, qui répond au doux nom de « Bien-être », ne connaîtra pas le succès escompté.

... La suite dans Causette #76.

Publié le 24 Février 2017
Auteur : Clarence Edgard-Rosa | Photo : Illustration : Aurélie Pollet
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