Education Publié le 24 Février 2017 par Alicia Bourabaa

L’école de l’anti-République prend ses aises Banlieue

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Pour remettre les gamins dans le droit chemin, pourquoi ne pas se tourner vers un établissement privé et hors contrat comme Espérance Banlieues ? Causette a enquêté sur ceux qui tirent les ficelles de ces nouvelles écoles. Au programme : le civisme. Aux commandes : la droite et l’extrême droite catho. Nom de Dieu, ça promet !

Après Sartrouville, Mantes-la-Jolie ou encore Roubaix, ce sont maintenant les élus socialistes de Nancy qui se rebiffent. En cause, l’ouverture prochaine d’une école Espérance Banlieues. Espérance Banlieues, c’est cette fondation privée, filiale de la Fondation pour l’école, qui a inauguré, depuis 2012, huit établissements hors contrat, principalement des primaires, mais aussi quelques classes de collèges, dans des quartiers défavorisés comme à Asnières (Hauts-de-Seine) ou Marseille (Bouchesdu- Rhône), et projette l’ouverture de deux cents écoles dans les prochaines années. L’ambition, sur le papier, est pour le moins louable ; là où s’enliserait l’enseignement public, la fondation entend « lutter contre l’échec scolaire », en accordant une large place aux savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) et aux activités extrascolaires. Pas de quoi crier à la maltraitance, a priori. « Tous les vendredis après-midi, on sort de l’école pour des activités de plein air, et aussi des visites culturelles. On est déjà allé voir le musée de l’uniforme, raconte Yves Couvert, dirlo du cours La Passerelle, installé dans la banlieue industrielle de Lyon (Rhône), à Pierre-Bénite. On a fait la cérémonie du 11 Novembre, mais aussi le musée des Beaux-arts de Lyon, ce qui permet d’apprendre la culture française aux enfants. »

Jusqu’ici, les médias ont plutôt encensé ces écoles implantées en bas des tours, où l’on chante La Marseillaise, où l’on vouvoie les élèves habillés d’uniformes, verts pour les garçons et bordeaux pour les filles. Ces écoles où les mômes de banlieues les plus méritants reçoivent des petites médailles « Clovis » ou « Jeanne d’Arc » de la part de leurs professeurs. L’hagiographie s’accompagnait, du reste, d’un large soutien des politiques de droite, de Robert Ménard, dont le programme pour les municipales de 2014 prévoyait l’implantation d’une école Espérance Banlieues à Béziers, à François Fillon, qui a visité l’école d’Asnières le 15 novembre 2016. Annie Genevard, députée du Doubs, chargée de l’éducation pour le candidat du parti Les Républicains, en parle encore avec émotion : « Je pense à ce professeur qui a creusé une tranchée dans le petit jardin derrière l’école pour faire comprendre à ses élèves ce qu’était la vie dans les tranchées. » Émouvant !

... La suite dans Causette #76.

Publié le 24 Février 2017
Auteur : Alicia Bourabaa | Photo : © Zacharie Scheurer /Hans Lucas
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