La cabine d'effeuillage Publié le 03 Janvier 2017 par Sarah Gandillot

Panser la médecine Baptiste Beaulieu

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La Ballade de l’enfant gris, son dernier roman, est entré dans le classement des cinquante meilleures ventes de romans de Livres hebdo ; sa vidéo qui explique pourquoi les médecins ont souvent une heure de retard a été vue par 400 000 personnes sur Facebook ; son blog Alors voilà, sur la relation entre soignants et soignés, compte huit millions de visiteurs uniques. Le jeune médecin généraliste Baptiste Beaulieu n’en finit plus de toucher les Français au cœur. il nous fallait rencontrer cet humaniste à toute épreuve.

Il y a deux Baptiste. L’auteur de trois livres à succès, blogueur, star des réseaux sociaux. Et le médecin qui soigne, en toute délicatesse et discrétion, dans un petit cabinet toulousain (Haute-Garonne). C’est pour que le premier n’empiète pas trop sur l’autre qu’il a choisi ce joli pseudo : Beaulieu. « J’ai envie qu’on vienne me voir parce que je suis un bon médecin. Pas parce que j’écris des bouquins », assure-t-il. À 31 ans, ce jeune homme au visage poupin n’hésite pas, de temps à autre, à chausser de fausses lunettes pour se vieillir un peu et mieux asseoir sa crédibilité auprès de ses patients. Il est, dans la vie, d’une douceur et d’une humanité égales à celles qui ont, sans aucun doute, contribué à faire le succès de son blog, Alors voilà, lancé en 2012. Blog qui donna lieu, dès 2013, à un livre éponyme sur Les 1 001 Vies des urgences. Il est 14 heures à la porte de son cabinet. Et déjà cinq ou six patients l’attendent. Une maman est là avec son bébé, malade. Cela fait plusieurs fois en peu de temps. « Et vous ça va du coup ? » lui demande Baptiste. Car oui, quand le bébé ne va pas, la maman morfle elle aussi. Et elle a le droit de le dire. Toute l’approche de la médecine de Baptiste Beaulieu tient en ce simple exemple. Écouter, se parler, prendre le temps, c’est déjà soigner. « Il ne faut jamais oublier d’expliquer ce qu’on dit et ce qu’on fait aux patients. Pour eux, c’est extrêmement rassurant. Et pour nous, ce n’est pas plus compliqué », rappelle Baptiste, qui essaie aussi de ne jamais « banaliser le mal d’un ou d’une patient-e sous prétexte qu’on a vu des cas bien pires dans la journée ».

... La suite dans Causette #74.

Publié le 03 Janvier 2017
Auteur : Sarah Gandillot | Photo : Arno Brignon pour Causette
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