Reportages Publié le 31 Octobre 2016 par Laurène Daycard

Le désespoir par le feu Kurdes irakiennes

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Loin des combats contre l’organisation État islamique, un autre fléau atteint les femmes kurdes irakiennes : l’auto-immolation, ultime recours face à une société patriarcale. On parle de plusieurs centaines de cas par an.

Les « Amazones », les « insoumises », « les anges de la mort », voire les « peshmergagirls »… Depuis l’autoproclamation par l’Organisation État islamique (OEI) d’un califat entre l’Irak et la Syrie, le 29 juin 2014, l’attention de la presse internationale s’est cristallisée autour des combattantes kurdes, notamment d’Irak, distillant l’image d’une terre où les femmes seraient libres. Si leur lutte est exemplaire, dans les faits elles sont ultra minoritaires dans cette entité autonome du nord de l’Irak. Le régiment féminin fondé en 1996 comporte 500 recrues, soit 0,5 % de l’ensemble des 110 000 peshmergas recensés en 2015, d’après les estimations du média local Rudaw.

Loin des caméras, les femmes se battent sur une autre ligne de front : l’intime. Depuis le début des années 1990, plusieurs milliers de Kurdes irakiennes sont mortes après s’être aspergées de kérosène, liquide souvent présent dans leurs cuisines. Les statistiques peinent à mesurer l’ampleur du phénomène. Le gouvernement régional a fait état de 125 décès par auto-immolation en 2015. Dans les hôpitaux, chaque brûlure, même bénigne, est consignée par le policier en poste dans l’établissement. Mais combien de tentatives sont tues, camouflées derrière l’excuse de l’accident domestique ? Pour Bahar Munzir, figure de l’activisme pour les droits des femmes kurdes, d’après ce qu’elle observe et entend sur le terrain, il y en aurait près de 500 par an.

... La suite dans Causette #72.

Publié le 31 Octobre 2016
Auteur : Laurène Daycard | Photo : Sebastian Castelier
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