Société Publié le 31 Octobre 2016 par Propos recueillis par Laurence Garcia

Liberté, égalité, ta mère ! François Bégaudeau - Benoît Lambert

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Méfiez-vous de la sacralisation des mots, doutez de leur sens, c’est le message qu’adressent l’écrivain et le metteur en scène aux ados dans La Devise. Pour Causette, ils reviennent sur la genèse de cette pièce philosophico-ludique jouée dans les écoles depuis plus d’un an. Une incitation à la rébellion civique !

Comment parler de liberté, égalité, fraternité à des « créatures à forte activité hormonale » ? C’est le sujet de La Devise, une comédie légère et grinçante jouée depuis un an dans une trentaine de lycées en Bourgogne. Une pièce d’une heure, la durée d’un cours d’instruction civique, ce qui, bien sûr, n’est pas anodin. Écrite par François Bégaudeau, mise en scène par Benoît Lambert, directeur du Théâtre Dijon-Bourgogne, cette pièce politique questionne les valeurs d’un « catéchisme républicain ». Les deux camarades de classe tentent de faire penser les jeunes par eux-mêmes sans les prendre pour des cons. Un beau programme.

Causette : Quand votre complice Benoît Lambert vous propose, au printemps 2015, d’écrire une pièce sur la devise nationale – « Liberté, égalité, fraternité » – à l’attention des jeunes, vous refusez net !

François Bégaudeau : À ce moment-là, la célébration des « valeurs » de la République avait pris des allures de revanche et de crispation identitaire. L’ambiance dans la France de l’après-Charlie était étouffante, les politiques en faisaient des caisses, je n’avais pas envie de participer à cette grande propagande républicaine. Souviens-toi, Benoît, je t’ai même dit en riant : « C’est quand même pas très sympa de demander ce genre de truc à un libertaire ! »

Benoît Lambert : On avait les mêmes réticences. Tu n’avais pas envie d’écrire un petit catéchisme républicain pour éduquer les jeunes sauvageons en mal d’autorité et de repères, comme disent encore certains politiques. De mon côté, j’étais convaincu que le théâtre pouvait décaler le regard face à tous ces discours anxiogènes de crise civique, au moment où le ministère de l’Éducation nationale instaurait dans les lycées ce nouvel enseignement moral et civique (EMC)…

... La suite dans Causette #72.

Publié le 31 Octobre 2016
Auteur : Propos recueillis par Laurence Garcia | Photo : Rémy Artiges pour Causette
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