La cabine d'effeuillage Publié le 05 Octobre 2016 par Sarah Gandillot

Voyager léger Mathieu Boogaerts

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Ce drôle d’oiseau, figure à la fois incontournable et marginale de la chanson française, fête ses vingt ans de carrière et sort, le 4 novembre, son septième album, Promeneur. Vingt ans déjà qu’il balade sa voix suave sur ses textes ludiques et poétiques. Le bonhomme, qu’on imaginait lunaire, se révèle un bourreau de travail à la limite de la maniaquerie. Qui n’en reste pas moins délicieux...

À presque 46 piges, Mathieu Boogaerts affiche toujours cet air juvénile qui ne l’a jamais quitté. Si le cheveu se fait un poil plus rare sur le caillou, il reste joyeusement indiscipliné. T-shirt vert bouteille, pantalon bleu de travail et baskets aux pieds, le style pourrait sembler assez lambda. Grave erreur. Comme en toute chose avec Mathieu Boogaerts, l’affaire est mûrie. « Il a un style absolument unique au sens premier du terme. Il s’achète des fringues que personne n’a. Ses chaussures, il est le seul en France à avoir ce modèle, je peux vous l’assurer », explique son photographe et ami de longue date Thibault Montamat. Le détail peut sembler anecdotique, mais il en dit long sur le personnage : « Pour lui, chacun doit avoir sa personnalité propre et la cultiver. Autant dire que vous ne le verrez jamais avec des Stan Smith », rigole son pote.

Mathieu Boogaerts parle comme il chante. Avec une douceur chaloupée. Bavard, ses mains virevoltent quand il parle. Il est content qu’on lui donne la parole et ça se sent. Fêter ses vingt ans de carrière lui fait quelque chose, mais rien qui n’aurait trait à la nostalgie. Bien au contraire : « J’ai vraiment et sincèrement conscience de l’énorme chance que j’ai de faire la musique que je veux, sans aucune concession, d’en vivre très correctement, de gérer mon temps comme je le souhaite. Quel privilège dans le monde dans lequel on vit ! Je pourrais voir le verre à moitié vide et me demander pourquoi ce que je fais reste un peu confidentiel. Mais non... Même, si, évidemment, j’adorerais être un chanteur populaire », explique-t-il. Le musicien appartient à cette catégorie d’artistes qui durent, font résolument partie du paysage musical français, mais n’ont jamais vendu des milliers d’albums ni rempli de Zénith. « Bien sûr, il m’arrive d’être un peu jaloux quand un autre a beaucoup plus de succès que moi », admet-il. Aimerait-il vraiment passer sur Chérie FM ? « Mais oui ! », répond-il franchement. « J’adorerais qu’on crie mes chansons dans un karaoké de province », assure-t-il, sans posture ni ironie. En attendant, il passe plutôt sur FIP, Nova et France Inter. « Mathieu a un grand besoin de reconnaissance. Longtemps, il a souffert de son statut un peu confidentiel », confirme son bassiste Zaf Zapha.

... La suite dans Causette #71.


Publié le 05 Octobre 2016
Auteur : Sarah Gandillot | Photo : Audoin Desforges/Pasco and co pour Causette
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